Affaire Ahmed El Khalil: l’avocat de la famille va saisir la cour pénale internationale | www.le360.ma

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Hubert Seillan

Hubert Seillan, avocat d'Ahmed El Khalil.

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Affaire Ahmed El Khalil: l’avocat de la famille va saisir la cour pénale internationale

Par Hassan Benadad le 07/11/2019 à 20h57

Kiosque360. Hubert Seillan, l'avocat d’Ahmed El Khalil, a décidé de porter l’affaire de sa disparition devant la CPI. L’ex-dirigeant du Polisario a été enlevé près d’Alger alors qu’il s’apprêtait à dénoncer des crimes dans les camps de Tindouf.

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L’avocat français Hubert Seillan compte déposer une plainte auprès de la Cour pénale internationale (CPI) et du Comité des droits de l’homme à Genève sur la disparition forcée dont a été victime en 2009 l’ancien dirigeant du Polisario, Ahmed El Khalil. L’avocat avait plaidé cette affaire devant la quatrième commission de l’assemblée générale de l’ONU sans que les circonstances de cette disparition ne soient élucidées. Dans un entretien accordé à la MAP, Maitre Seillan a révélé qu’«El Khalil comptait dénoncer l’appareil de répression polisarienne quand il fut arrêté. Depuis on ne l’a plus revu».


Après avoir frappé à toutes les portes des institutions concernées par les droits de l’homme, l’avocat français a décidé de porter cette affaire devant la CPI et le comité des droits de l’homme à Genève. Le défenseur désigné par la famille d’El Khalil est déterminé à élucider ce dossier même s’il sait qu’il a affaire à un pays et à un groupe armé qui excellent dans les manigances et la loi de l’omerta.


L’avocat en est conscient quand il dit: «Je sais que ma mission sera difficile car ce dossier constitue une affaire d’Etat pour l’Algérie. Je dis à ce pays qu’il faut être capable d’analyser la réalité des faits». Et Maître Seillan d’expliciter ses propos: «J’exhorte l’Algérie à user du droit d’inventaire. Je l’appelle à réfléchir en termes d’inventaire et à comprendre la réalité du Sahara aujourd’hui. Une réalité qui est reconnue par la plupart des pays du monde car ceux qui ont soutenu le Polisario depuis plus de 40 ans ont été réduits à la portion congrue».


Le quotidien Al Ahdath Al Maghribia rapporte, dans son édition du vendredi 8 novembre, que l’avocat français, a lors de son intervention devant l’assemblée générale de l’ONU, révélé les circonstances de l’arrestation de l’ancien dirigeant du Polisario: «Le 6 janvier 2009, El Khalil était en route vers Alger où il devait donner une conférence sur les droits de l’homme dans la faculté de la capitale algérienne. Il avait l’intention de révéler certaines pratiques relatives aux détournements de fonds et aux violations des droits de l’homme dans les camps de Tindouf». Pris de panique les Polisariens et leurs maitres algériens l’ont intercepté avant qu’il n’arrive à destination. Depuis, il n’a plus donné signe de vie.

 

L’avocat près de la cour d’appel de Paris a commencé par adresser une plainte au procureur général d’Alger  mais il n’a jamais reçu de réponse. Il a averti les dirigeants de la Croix rouge qui ô comble de l’ironie l’ont orienté vers les responsables de Tindouf qui, selon eux, sont les seuls habilités à leur présenter ce dossier. Des propos insensés, voire dédaigneux qui élèvent le bourreau au statut de défenseur de sa victime.

 

L’avocat français ne désespère pas même s’il a été très déçu par les associations des droits de l'homme non gouvernementales qui, selon lui, ont une vision unilatérale des droits de l'homme. Sachant que l’ONU et les autres organismes internationaux ne disposent d’aucun pouvoir coercitif pour pouvoir connaître le sort réservé à Ahmed El Khalil, Maître Hubert Seillan a décidé de frapper à d’autres portes, dont la Cour pénale internationale.