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Affaire Omar Radi: le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire répond à Amnesty International (Document)

Par Rahim Sefrioui le 14/09/2020 à 17h45

Le 9 septembre, l’ONG Amnesty International a lancé un appel sur ses réseaux sociaux pour faire pression sur les autorités et la justice marocaines dans une affaire de viol impliquant le journaliste Omar Radi. Voici la réponse du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire.

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Ce lundi 14 septembre, le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire publie un communiqué qui répond, point par point, à l’ONG basée à Londres. Cinq jours plus tôt, Amnesty International avait en effet lancé un appel sur ses réseaux sociaux, le 9 septembre, sous ce titre: «Dépêchez-vous pour la libération du journaliste Omar Radi».

 

Cet appel visait à faire pression sur les autorités et la justice marocaines dans le cadre d’une affaire de droit commun, sans rapport avec la nature de la profession qu'exerce Omar Radi. 

 

Ce conseil, qui est la plus haute autorité judiciaire du Maroc, accuse l’ONG d’essayer d’influencer la justice du Royaume et de porter atteinte à son indépendance.

 

En renvoyant à l’Article 109 de la Constitution, le conseil explique que le pouvoir judiciaire est totalement indépendant de l’Exécutif. De ce fait, l’ONG se trompe lourdement en demandant à ses sympathisants d’inonder les courriers du chef de gouvernement de lettres, e-mails et fax. 

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«Cette attitude est indigne d’une ONG qui prétend défendre les droits et libertés légitimes des individus et des groupes», écrit le conseil dans son communiqué.

 

«La Défense des droits des gens ne doit pas passer des tentatives d’influencer et affaiblir la justice, mais en en soutenant l’indépendance et en en renforçant la confiance», souligne le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire.

 

Cette instance revient aussi sur les tenants et aboutissants de l’affaire Omar Radi et affirme que ce qui est reproché au journaliste n’a rien à voir avec son métier ou ses écrits.

 

Le conseil rappelle qu’il agit d’abord d’une affaire de viol et, ensuite, d’une atteinte à la sécurité extérieure du pays. Des faits passibles de peines prévues par l’arsenal juridique du Royaume et qu’instruit actuellement, en toute indépendance, un juge près la Cour d’appel de Casablanca.

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Le conseil répond aussi concernant d'autres accusations d’Amnesty International, qui parle d'un «harcèlement» judiciaire dont serait l'objet Omar Radi, faisant ainsi allusion à ses multiples convocations par les enquêteurs. 

 

«Ce sont des procédures normales dans tous les systèmes judiciaires», rappelle le conseil, qui explique que tout est consigné dans des PV qui sont, et seront, soumis au contrôle de la justice lors de toutes les étapes des deux procès, s'ils ont lieu. 

 

Sortir des faits de leur vrai contexte pour mener des campagnes médiatiques contre le Maroc et ses institutions et induire l’opinion publique en erreur ne sert à rien la justice, explique encore le conseil, qui demande à l’ONG de se départir de ce genre d’attitudes.

 

Le conseil appelle enfin les magistrats à s’en tenir à leur mission, loin de toute sorte de pression, et d’observer, dans l'accomplissement de leur mission, les principes d’équité et de justice.