Agressions sur les autoroutes. Quand le ministre Amara ne croit pas à ce qu’il dit | www.le360.ma

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Abdelkader Amara

Abdelkader Amara, ministre de l’Equipement, du transport, de la logistique et de l’eau.

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Agressions sur les autoroutes. Quand le ministre Amara ne croit pas à ce qu’il dit

Par Hassan Benadad le 25/04/2018 à 10h34 (mise à jour le 25/04/2018 à 11h00)

Répondant, lundi, à la Chambre des représentants, à une question sur la récurrence des agressions dans les autoroutes, le ministre du Transport, Abdelkader Amara, a dit la chose et son contraire: «Nos autoroutes sont sûres» et, sans transition, il énumère les mesures à prendre pour les sécuriser.

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Le ministre de l'Équipement, du transport, de la logistique et de l'eau, Abdelkader Amara, semble très occupé par le nombre des secteurs qu’il dirige dans son département. C’est vrai que la liste de ses prérogatives est longue, à tel point qu’il en a renié l’évidence, à la Chambre des représentants, quand il a répondu à une question d’un député sur la recrudescence des agressions sur les autoroutes: «Nos autoroutes sont sûres» a-t-il dit, effaçant d’un trait le nombre de victimes qui ont trouvé la mort ou subi des blessures graves, voire des séquelles irréversibles.

 

Une réponse qui a laissé pantois le député Haraki qui a posé la question, car ce dernier avait, au moins, une raison pour l’interpeller sur ce sujet. Le secrétaire général de son parti (MP) et ex-ministre de l’Intérieur, Mohaend Lanser, avait failli y passer sur l’autoroute reliant Tanger-Rabat. Sans oublier, bien sûr, la famille toute entière qui a été décimée par les criminelles de la route près de Marrakech, ou encore Farida Berrada sur l’autoroute Casa-El Jadida et la toute dernière victime, une femme de 60 ans, sur l’axe sidi Allal Bahraoui-Tiflet, il y a à peine dix jours. La liste n’est pas exhaustive malheureusement.

 

Mais le ministre va faire une autre bourde quand, après avoir dit que nos autoroutes sont «sûres», il enchaine en énumérant les mesures à prendre pour les sécuriser: «Les ponts surélevés seront grillagés et des caméras de surveillance seront mises en place». Du coup, le ministre se confond dans une flagrante contradiction, reconnaissant sans s’en rendre compte que les autoroutes ne sont pas sûres. Une inconséquence qui n'est pas la moindre des incohérences à mettre sur le crédit d'Amara.

 

Et d’enfoncer davantage le clou, en dédouanant la société des Autoroutes comme n’étant pas responsable des ponts, oubliant encore les guet-apens des chaussées. Et d’appeler l'Etat, les associations de la société civile et les citoyens à coordonner leurs efforts pour endiguer ces actes criminels sur les autoroutes. Des propos contradictoires et inappropriés qui ont généré des critiques acerbes de la part des internautes sur les réseaux sociaux.