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Aides humanitaires: après la communauté internationale, le Polisario arnaque ses alliés sud-africains

Par Hassan Benadad le 23/11/2022 à 19h55

Kiosque360. Les Sud-Africains, fervents alliés du Polisario et leurs principaux bailleurs de fonds, ont été, eux aussi, victimes de détournement d’une importante aide financière destinée à la construction d’une université. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

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Le détournement des aides humanitaires par la direction du Polisario n’est plus un secret pour personne puisque des enquêtes, des rapports de l’Union européenne et d’autres organisations humanitaires l’ont à, maintes reprises, dénoncé. Mais cette fois- ci, ce sont les bailleurs de fonds du Polisario les plus généreux et les plus fervents défenseurs de la thèse séparatiste, en l’occurrence les Sud-africains, qui l’ont découvert à leurs dépens. Le quotidien Al Ahdath Al Maghribia rapporte, dans son édition du jeudi 24 novembre, que c’est une délégation de ce pays qui s’est rendue à Tindouf pour s’enquérir du projet d’une université, qu’un groupe de donneurs finançait depuis des années, qui a découvert le pot aux roses. C’est le Forum de soutien aux autonomistes de Tindouf ( Forsatin) qui a rendu public ce scandale montrant que la direction du Polisario se moque éperdument du bien-être des séquestrés de Tindouf.  

 

Mais, devant l’insistance des membres de la délégation sud-africaine de visiter cet établissement, la direction du Polisario a tenté de faire passer un institut de formation pour une université qui n’a jamais été construite, en y affichant une banderole portant un nom tout aussi fictif. Mais ce jeu d’enfants n’a pu duper les Sud-africains qui ont été très choqués en constatant de visu que les installations et les équipements de cette université fictive ne représentaient même pas un iota des fonds versés pour sa construction. L’affaire de l’université fantoche n’est que la partie visible de l’iceberg montrant l’escroquerie de la direction du Polisario qui vend tout ce qu’elle reçoit et confisque toute aide ou financement étranger. Sauf qu’après la découverte de ce scandale, certaines universités internationales, qui se sont aperçues de l’ampleur de la fraude et de la falsification dans ce projet, ont limité leur partenariat à la formation et à la coopération formelle.

 

Le quotidien Al Ahdath Al Maghribia souligne que Forsatin avait été le premier à révéler le mensonge d’une université qui ne disposait ni de siège ni d’étudiants. Cependant, un individu était chargé de visiter plusieurs pays pour quémander des subsides qui sont passés dans les poches des dirigeants polisariens. Il faut rappeler que le Haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères, Josep Borrell, avait été interrogé par le député européen Ilhan Kyuchyuk sur le détournement des aides humanitaires par le Polisario. L’eurodéputé s’est demandé comment le Polisario pouvait disposer de moyens lui permettant d’organiser, chaque année, un défilé militaire avec un arsenal coûteux, tout en réclamant des aides annuelles à l’UE, voire à demander qu’elles soient revues à la hausse. Et Kyuchyuk de demander à Josef Borell s’il était au courant de cette situation surréaliste: "Nous sommes en droit de demander à l’UE de prendre des mesures pour surveiller l'aide humanitaire envoyée dans ces camps et pour garantir que l'argent du contribuable européen ne soit pas dilapidé". 

 

Par la suite, la Commission du développement (DEVE) du Parlement européen a officiellement ouvert une enquête sur le détournement de l'aide humanitaire destinée aux populations séquestrées dans les camps de Tindouf, en territoire algérien. l’eurodéputée Dominique Bilde est allée dans le même sens que son collègue en dénonçant la poursuite du détournement de l’aide humanitaire européenne par le Polisario et l’Algérie, tout en réclamant une enquête sur cette fraude: "Une partie de l’aide humanitaire serait revendue pour aider à l’achat d’équipement militaire, comme,entre autres, des chars d’assaut et des missiles. De plus, le nombre des réfugiés est largement surévalué", martèle Dominique Bilde.