Alger veut installer une partie de la population de Tindouf dans la zone tampon | www.le360.ma

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Tindouf

A défaut de porter assistance à la population sinistrée, le Polisario, épaulé par la gendarmerie militaire algérienne, déploie un important dispositif armé autour de Tindouf.

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Alger veut installer une partie de la population de Tindouf dans la zone tampon

Par M'Hamed Hamrouch le 02/04/2018 à 17h53 (mise à jour le 02/04/2018 à 18h44)

Les habitants du camp dit «Dakhla», situé à 200 km de Rabouni et autoproclamé QG du Polisario, auraient été avisés de faire leurs bagages en perspective de leur installation dans la zone tampon, à proximité du dispositif de défense marocain. Détails.

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Il s’avère que le plan algérien pour le déplacement des «structures» du front Polisario vers la zone tampon concerne aussi la population des camps de Lahmada-Tindouf. Selon les sources de le360, une partie des habitants du camp dit «Dakhla», situé à l’extrême sud de Rabouni, QG du front séparatiste, auraient été avisés pour se préparer à leur emménagement dans les localités se trouvant dans la zone démilitarisée, en vertu de l’accord de cessez-le-feu conclu le 6 novembre 1991 et mettant fin à 16 ans d’affrontements armés.

 

Il s’agit du premier acte d’un plan orchestré depuis longtemps par Alger pour se débarrasser de la population de Tindouf, en la poussant dans les localités mitoyennes du mur de défense marocain, et mettre le Maroc directement en face des éléments du Polisario dans une guerre d’usure où l’armée algérienne n’aura pas à intervenir «directement» au cas où le Maroc ferait valoir le «droit de poursuite» sur le sol algérien.

 

Bourita: «Le Maroc ne permettra aucun changement du statut juridique et historique de la zone tampon de Guerguerate»

 

Et ce n’est pas tout! Alger entend, par cette initiative, conjurer les foudres du Conseil de sécurité qui, au fil de ses résolutions, notamment la résolution 2351, pointe l’Algérie en tant que «partie» prenante dans le conflit créé autour du Sahara marocain.

 

Entre le marteau d’une escalade militaire, -qui serait un désastre pour toute la région-, et le marteau des injonctions du Conseil de sécurité, qui n’hésite plus à épingler le voisin de l'Est comme protagoniste direct du conflit, Alger tente bon an mal an de se débarrasser du boulet (séparatiste) en l’entraînant dangereusement dans une zone censée être démilitarisée, située à quelques encablures du mur de défense marocain et donc des positions des Forces armées royales (FAR).

 

Cette expectative extrêmement dangereuse est à l’origine de la levée de boucliers du Maroc, dont la mobilisation tous azimuts (gouvernement, parlement, partis politiques) dénote une conscience aigüe de la gravité de la situation. 

 

L’initiative de déplacer les structures du front Polisario et une partie de la population vers la zone tampon remet sur le tapis l’irresponsabilité morale d’Alger, à l’origine de la création du mouvement séparatiste qu’elle abrite depuis plus de quarante ans en le soutenant financièrement (près de 300 milliards de dollars dépensés depuis le déclenchement du conflit), diplomatiquement et militairement.

 

Alger sait qu’elle a des comptes à rendre sur sa responsabilité envers la population marocaine séquestrée à Tindouf depuis les années soixante-dix, mais semble ne pas saisir le danger que comporte la sournoise machination de ses généraux en poussant les civils sahraouis d’origine marocaine vers la première ligne de front entre les mercenaires séparatistes et l’armée marocaine.

 

D’où la nécessité d’une intervention ferme de la part du Conseil de sécurité pour rétablir le statu quo ante et ne pas exposer la région au danger de la confrontation armée.