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Détournement des aides destinées au camps de Tindouf: l'Istiqlal saisit le Parlement européen

Par Khalil Rachdi le 15/10/2020 à 21h29

Kiosque360. Le groupe parlementaire de l’Istiqlal s’est adressé au président du Parlement européen pour alerter sur le détournement de l’aide de l’Union européenne destinée aux réfugiés sahraouis des camps de Tindouf.

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Alors que le président algérien Abdelmadjid Tebboune enchaîne les attaques contre le Maroc, le groupe parlementaire de l’Istiqlal s’est adressé au président du parlement européen, David Sassoli.


A travers cette lettre, les élus de l’Istiqlal veulent attirer son attention sur le fait qu’une bonne partie de l’aide de l’Union européenne destinée aux réfugiés sahraouis des camps de Tindouf est suspectée d’être détournée par des officiels du front du Polisario.


Le groupe parlementaire présidé par Noureddine Mediane explique ainsi dans sa lettre, rapportée par le quotidien Al Massae dans sa livraison du 16 octobre, que ce détournement a eu lieu avec l’aide possible d’officiers de l’armée algérienne.


Pour les élus de l’Istiqlal, le gouvernement algérien devrait également permettre une investigation indépendante concernant les allégations de fraude à l’aide humanitaire et prendre les mesures nécessaires pour restituer l’aide humanitaire volée et punir les coupables. D’autant plus que cette aide de l’Union européenne serait vendue au marché noir.


Les istiqlaliens soutiennent ainsi que l’Algérie est la seule partie responsable du bien-être des réfugiés sahraouis sur son sol. Ainsi, aux yeux du parti de l’opposition, la délégation de la gestion des camps à un prétendu mouvement de libération est illégale et inacceptable en vertu du droit international.


Preuves à l’appui, le groupe parlementaire cite la Convention de Genève, pour mettre en lumière le droit des réfugiés à être identifiés, libres de circuler dans le pays qui les accueille, de s’engager dans une activité lucrative, et être capable de s’installer dans un tiers pays s’ils le souhaitent. Or, poursuit la lettre, ces droits sont refusés aux réfugiés sahraouis par l’Algérie en violation flagrante du droit international.


Les parlementaires de l’Istiqlal souhaitent également que l’Algérie procède à l’identification et au recensement de la population de réfugiés, comme demandé solennellement par le conseil de sécurité de l’ONU dans son rapport annuel (aujourd’hui semestriel) concernant le Sahara, à l’instar d’autres institutions internationales.


Préoccupés par le bien-être des réfugiés et leurs droits, mais aussi par le sort d’une aide humanitaire rare, les élus de l’Istiqlal demandent ainsi au président du parlement européen, David Sassoli, de prendre les mesures qu’il juge nécessaires, en vertu du règlement interne de l’institution qu’il préside, pour inciter l’Algérie à assumer ses responsabilités et appliquer la convention de Genève aux camps de réfugiés sahraouis.