Diplomatie: Nasser Bourita annule une rencontre prévue en septembre avec Josep Borrell

Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et le haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères, Josep Borrell.

Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et le haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères, Josep Borrell. . DR

Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a annulé une rencontre qu’il devait avoir, en septembre prochain à Rabat, avec le haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères, apprend Le360 de source sûre. La dernière maladresse de Josep Borrell sur le Sahara marocain est passée par là.

Le 26/08/2022 à 15h36

Nous l’apprenons de source sûre: la rencontre, prévue en septembre prochain à Rabat, entre Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, et Josep Borrell, haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, n’aura pas lieu. Elle a été annulée par le chef de la diplomatie marocaine. Notre source ne s’est pas avancée quant aux raisons de cette annulation, mais tout porte à croire que la maladresse de Borrell, de nationalité espagnole, sur la question du Sahara en est la cause principale.

On s’en souvient: mardi 23 août, dans une interview accordée à la télévision espagnole (TVE), Josep Borrell a soutenu que «la position du gouvernement espagnol était celle de l’Union européenne (UE) sur la question du Sahara, c’est-à-dire de défendre la tenue d’une consultation afin que le peuple sahraoui puisse décider de son propre sort». Il a ainsi suggéré une remise sur la table du fameux référendum d’autodétermination, désormais oublié.

Dès le lendemain, mercredi, Borrell a tenté de se rattraper en affirmant devant l’agence EFE: «Nous préconisons que la solution au problème du Sahara soit une solution convenue entre les parties, dans le cadre des résolutions des Nations Unies, et nous n’exprimons pas de préférence quant à la manière dont cela doit être fait. C’est aux parties de décider, et c’est notamment à l’envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies M. De Mistura, que nous soutenons dans son travail», a-t-il affirmé. 

Pour lui, le gouvernement espagnol «a pris une position qui exprime une préférence pour une certaine solution (le plan marocain d’autonomie, Ndlr), qu’il considère comme la plus appropriée». Mais le mal était déjà fait.

Réagissant aux premiers propos de Borrell, jeudi 25 août à Rabat, lors du point de presse qu’il a tenu conjointement avec son homologue allemande, Annalena Baerbock, Nasser Bourita a affirmé avoir eu des discussions directes avec Josep Borrell qui ont permis de clarifier les choses. La position exprimée par ce dernier à la télévision espagnole a été qualifiée de regrettable. Pour le chef de la diplomatie marocaine «cette déclaration ne reflète ni la position de l'Espagne, ni la position de l'UE vis-à-vis du Sahara», et il s’agit davantage d’une «erreur d’expression» ou d’une «maladresse» que d’une position assumée.

Le même jeudi, l’Union européenne a également pris ses distances avec son haut représentant pour les Affaires étrangères en affirmant, dans un communiqué, soutenir une solution politique, juste, réaliste et durable, mutuellement acceptable à la question du Sahara, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, en particulier la résolution 2602, qui prône la continuité du processus des tables rondes comme unique cadre de règlement du différend régional. Autant dire que Josep Borrell aurait vraiment gagné à se taire.

Par Tarik Qattab
Le 26/08/2022 à 15h36