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Elections législatives: financièrement, voici ce que la défaite du PJD coûtera

Par Amyne Asmlal le 10/09/2021 à 19h59

Kiosque360. Entre contributions forcées des parlementaires et celles des ministres, le PJD perd pas moins de 10 millions de dirhams par an. Les aides publiques qui constituent près de la moitié de ses ressources, en une année normale, vont chuter de près de 90%. Cela sans compter les emplois dans les cabinets ministériels.

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Il y a la politique et l’argent de la politique. Et pour le PJD, en termes d’argent de la politique, c’est une perte sèche de plusieurs millions de dirhams. A commencer par le reliquat de la participation de l’Etat au financement de la campagne électorale des partis. Ce montant étant calculé en fonction des sièges remportés et du nombre de femmes que le parti a pu faire élire, il est clair que la part du PJD va se réduire comme peau de chagrin. A l’avenir, estime l’hebdomadaire La Vie éco dans son édition du vendredi 10 septembre, le montant global des aides publiques accordées au parti va être réduit de près de 90%.

 

Pour avoir une idée de approximative de ce que le parti perd à ce niveau, l’hebdomadaire précise qu’au titre de l’année 2019, qui n’est pas une année électorale et pendant laquelle le parti n’a pas tenu de congrès, le montant total des subventions publiques que l’Etat lui a versé est de 17,6 millions de dirhams selon le dernier rapport de la Cour des comptes. La même année, les aides publiques représentaient plus de 42% des ressources financières du parti. Et en termes de ressources propres, le parti comptait jusque-là, en grande partie, sur les redevances que lui versaient ses parlementaires et ses ministres.  

 

La contribution forcée des parlementaires est calculée en fonction de l’éloignement de Rabat et de son élection sur la liste nationale ou locale. On peut estimer, relève l’hebdomadaire, qu’avec la perte de 112 députés, cela représente pour la trésorerie du parti une perte de près de 9,5 millions de dirhams par an. Il faut compter également la contribution des conseillers de la deuxième Chambre et des ministres. Six membres du gouvernement sortants sont du PJD, en plus bien sûr du chef de l’Exécutif. Ce dernier type de contributions, on parle d’un peu plus d'un million de dirhams par an, passe évidemment à la trappe.

 

Le PJD et ses membres subissent également des pertes indirectes. N’ayant plus assez de sièges pour constituer un groupe parlementaire, ses élus ne peuvent donc plus espérer faire partie du bureau de la Chambre et assurer la présidence des commissions, et donc obtenir les indemnités qui vont avec. Plus de présidence de région ni de grande ville non plus, au vu de ses résultats aux scrutins communal et régional. En conséquence, note l’hebdomadaire, finies les combinaisons et les cumuls des mandats, et donc cumul des indemnités pour mandats électifs multiples.

 

En outre, selon les règlements du parti, les parlementaires étant tenus d’ouvrir une représentation locale dans leur circonscription et de recruter un membre de la jeunesse (en général) pour y assurer la permanence, ce n’est plus le cas. Cela sans parler des membres du parti engagés en masse dans les cabinets des ministres et au service du groupe parlementaire dans les deux chambres. C’est une perte sèche en postes d’emploi politique. Une perte qui ne manquera pas de se répercuter sur sa fameuse «armée électronique» qui sévit contre ses adversaires sur les réseaux sociaux. L’essentiel des effectifs de ces «brigades électroniques» est justement recruté parmi les titulaires de ces postes.