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Enseignement: Azziman se plaint des «poches de résistance» à la réforme

Par Amyne Asmlal le 10/07/2019 à 20h25

Kiosque360. Malgré la résistance des forces réactionnaires, la réforme de l’enseignement doit aller de l’avant. Car, selon Omar Azziman, elle s’inscrit dans le sens de l’histoire, bien qu'un enseignement de qualité ouvert, moderne et fondé sur l’égalité des chances ne soit pas du goût de tous.

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Omar Azziman, président du Conseil supérieur de l'Education, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS), ne pouvait être plus clair. Selon lui, la réforme de l’Education, portée par un projet de loi-cadre aujourd’hui gelé au Parlement, est combattue par certaines forces de la société. C’était lors de son intervention à l’occasion de la tenue de la 17e session ordinaire du CSEFRS coïncidant avec la fin du premier mandat, de cinq années, de cette institution, précise le quotidien Al Ahdath Al Maghribia dans sa livraison du jeudi 11 juillet.

 

D’après Omar Azziman, cité par le quotidien, «la réforme profonde du système éducatif constitue un impératif politique, socio-économique, culturel, éthique et religieux, autour duquel un large consensus s’est formé et qui ne laisse place à aucune hésitation comme il ne tolère aucun retard, même s’il se heurte, ici et là, à des vents contraires et à des résistances, ouvertes ou masquées». Ces résistances, poursuit-il, «montrent qu’un enseignement de qualité pour tous, ouvert et moderne, fondé sur l’égalité des chances, au service de la mobilité sociale, du renouvellement des élites et du développement du capital humain n’est pas du goût de tous».

 

Venant de cet homme, expert de surcroît et très au fait des rouages de l’Etat, qui préside aujourd’hui l’une de ses institutions les plus importantes, sinon la plus importante, ces propos sont à prendre très au sérieux, peut-on lire, par ailleurs, dans l’éditorial de la même édition du quotidien. Selon l’éditorialiste, il est aisé, surtout pour ceux qui suivent de près les activités de cette institution, de reconnaître les forces auxquelles il fait allusion. On connaît également, poursuit l’éditorialiste, la férocité de ces forces lorsqu’il s’agit de défendre non pas leurs visions, mais les intérêts liés à ces visions.    

 

Ces forces, souligne l’éditorialiste d’Al Ahdath Al Maghribia, ont œuvré patiemment, des années durant, pour creuser des tranchées dans les profondeurs de la sociétés pour se barricader. Elles estiment aujourd’hui, au Maroc comme dans la plupart des pays de la région, qu’il est temps de récolter le fruit de leur œuvre. Pendant ce temps, ces forces ont pu implanter leurs disciples et adeptes dans pratiquement toutes les institutions, pour pouvoir faire appel à eux le moment venu.

 

Et, au moment où il faut prendre une décision tranchée, lorsqu’il s’agit d’une réforme majeure, elles mobilisent tout ce beau monde pour amplifier le tapage, seule chose dont elles sont capables, et mener une guerre sans merci contre toutes les composantes de la sociétés qui ne cautionnent pas forcement leurs positions. Mais ceux parmi les Marocains qui sont mus par l’intérêt public et animés de la volonté de réforme sauront leur faire face, en continuant d’insister sur la progressivité des réformes et en mettant l’intérêt de la nation au-dessus de toute autre chose.

 

C’est dans cet esprit que s’inscrivent les propos du président du CSEFRS qui, tout en insistant sur le fait «qu’il s’agit d’un impératif majeur et d’une cause déterminante, légitime et prioritaire», soutient que la réforme «s’inscrit dans le sens de l’histoire» et «finira par l’emporter allègrement sur tous les combats d’arrière-garde». D’après Omar Azziman, cité par le quotidien, du chemin reste, certes, à faire, «mais le chemin parcouru est loin d’être négligeable et le cap est indéniablement bon».