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La minorité LGBT au Maroc se plaint d'un environnement social peu réceptif.

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Etude: 16% des homosexuels marocains militent dans des partis politiques

Par Mohamed Deychillaoui le 19/05/2020 à 23h32

Kiosque360. Les homosexuels, au Maroc, sont très actifs sur le plan politique et associatif. Une récente étude révèle qu’on les trouve en grand nombre aussi bien au sein des partis politiques, que dans les associations de défense des droits humains. Mais le rejet social reste de mise.

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Une étude sur la situation de la communauté LGBT au Maroc, publiée lundi dernier, montre que 16% de ses membres militent au sein de partis politiques locaux, alors que 20% d’entre eux s’activent dans de nombreuses associations, dont 6% en milieu culturel et 1% dans les ONG des droits humains et de défense de la diversité du genre.

 

Cette étude pilotée par le Collectif contre la criminalisation et la discrimination à l’égard des minorités sexuelles et religieuses précise également que, malgré leur activisme politique et pour la défense de leurs droits, 29% des membres de la communauté LGBT ont été soit arrêtés, soit emprisonnés par les autorités du pays du seul fait de leur homosexualité apparente.

 

Pire, 70% des homosexuels, au Maroc, ont été victimes d’actes de violences physiques et morales dans des espaces publics et privés. Seules 14% de ces victimes ont porté plainte, en raison du manque de confiance dans l’efficience de leur action en réparation d’un préjudice. Ainsi, 86,4% de la communauté LGBT exige l’abrogation de l’article 489 du Code pénal qui criminalise l’homosexualité, punie de 6 mois à 3 ans de prison et d’une amende de 120 à 1.200 dirhams. En effet, c’est ce texte de loi qui est pointé du doigt comme base légale de la haine et de la violence de la société à l’égard des minorités sexuelles.

 

Cette étude, qui s’est étendue sur 6 mois, a concerné un échantillon de 400 individus de la communauté LGBT originaires de quatre villes (Marrakech, Agadir, Tanger et Rabat). 48,5% des questionnés affirment avoir un niveau d’études supérieures, tandis que 40% ont un niveau secondaire et 11% un niveau primaire. Dans le domaine professionnel, ils sont 13% d’auto-entrepreneurs et 11% de travailleurs du sexe, contre 37,5% d'étudiants et 11% de chômeurs.

 

S’ils sont unanimes à déplorer un environnement social où ils sont rejetés, 58% d’entre eux pensent que les aides sociales qui leur sont fournies sont largement insuffisantes, alors que 4% disent jouir de tous leurs droits.