Frontière terrestre maroco-algérienne: comment le Roi Mohammed VI a fait bouger les lignes | www.le360.ma

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Zouj Bghal

Alger continue de s'opposer à la réouverture de la frontière terrestre avec le Maroc, provoquée par l'attentat terroriste perpétré en 1994 par deux Algériens contre l'hôtel Atlas-Asni, à Marrakech. Ici, le poste frontalier Zouj Bghal.

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Frontière terrestre maroco-algérienne: comment le Roi Mohammed VI a fait bouger les lignes

Par M'Hamed Hamrouch le 13/08/2019 à 13h09 (mise à jour le 13/08/2019 à 13h27)

L’appel lancé par le Roi dans son 20è Discours du Trône à l’adresse du peuple algérien n’a pas laissé indifférent à la frontière Est du Royaume, où une manifestation se tient aujourd’hui même au poste frontalier, "Colonel Lotfi", pour appeler à l’ouverture de la frontière terrestre. Décryptage.

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Un rassemblement pacifique se tient ce mardi matin à partir de 10 heures au poste frontalier algérien, Colonel Lotfi, à l’initiative du  "Comité algérien pour l’ouverture de la frontière terrestre algéro-marocaine" (C.A.O.F.T.A.M, fraîchement créé)). Une initiative émanant donc d’acteurs associatifs algériens qui démontre, encore une fois, que l’ouverture de la frontière terrestre commune est aussi une revendication populaire algérienne.

 

Cette initiative tire son bien-fondé et sa force du 20è discours du Trône (29 juillet 2019), où le Roi a une nouvelle fois tendu la main à «nos frères en Algérie» pour une remise à plat de tous les différends intentionnellement créés par le régime voisin, qui ne peut continuer de faire fi des «liens de fraternité, de religion, de langue et de bon voisinage, qui unissent depuis toujours nos deux peuples frères».

 

À toutes fins utiles, il faut noter que ce n’est pas la première fois que le Souverain tend la main au voisin de l’est pour normaliser les relations bilatérales.

 

Rappelez-vous,  le Roi, dans son dernier discours de la Marche verte (6 novembre 2018), avait proposé la mise en place d’"un mécanisme conjoint de dialogue et de concertation" afin de dépasser "les différends conjoncturels" entravant le développement des relations bilatérales, y compris et surtout celui de la frontière terrestre fermée depuis 1994, mais dont l’ouverture est aujourd’hui vivement revendiquée de part et d’autre.

 

Maroc-Algérie: une manifestation, côté algérien, pour la réouverture de la frontière terrestre

 

Une revendication populaire que le Souverain avait fait sienne et réaffirmée avec force via son mémorable message de félicitations adressé dernièrement au président algérien par intérim, Abdelkader Bensalah, à l'issue du sacre historique de la sélection algérienne à la CAN 2019 (19 juillet), célébrée en masse et dans la joie par les Marocains, dont nombre se sont d'ailleurs déplacés dans la région frontalière de "Bin Lajraf", entre Oujda et Maghnia, pour le réclamer haut et fort.

 

«La dernière illustration en date de cette proximité remonte à la Coupe d’Afrique des Nations, organisée récemment dans le pays frère d’Égypte, au cours de laquelle le Roi et le peuple du Maroc, dans un élan spontané et sincère, ont témoigné leur sympathie et leur soutien enthousiastes à la sélection algérienne. Ils se sont joints au peuple algérien pour partager sa fierté, à la suite du sacre mérité lors de cette compétition, car, cette victoire, ils l’ont ressentie comme étant aussi la leur», avait en effet souligné le Souverain.

 

Le rassemblement prévu ce mardi 13 août du côté algérien de la frontière terrestre commune, à l’initiative du "Comité algérien pour l’ouverture de la frontière terrestre algéro-marocain", participe ainsi de cette volonté ardente du Roi et du peuple marocain de faire sauter les verrous de la frontière, pour mettre fin notamment au déchirement des familles riveraines de la frontière fermée, empêchées de se rencontrer du fait de l’acharnement incompréhensible des autorités algériennes à maintenir la frontière fermée.

 

Le dernier appel royal a en effet démontré, à qui veut encore écouter ou voir, la volonté sincère du Maroc d’ouvrir sa frontière terrestre avec l’Algérie. Personne ne peut ainsi, de quelque côté de la frontière qu'elle soit, prétendre que le royaume ne veut pas d’ouverture de cette frontière.

 

La balle, on ne le répétera jamais assez, est dans le camp du régime algérien, qui ne peut continuer de faire la sourde oreille aux revendications de son peuple, d'ailleurs engagé depuis le 22 février dernier dans un combat inlassable pour reprendre son destin en main.