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Saâd Eddine El Othmani, secrétaire général du PJD.

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Gouvernement: rien ne va plus entre El Othmani et sa majorité

Par Hassan Benadad le 06/04/2021 à 20h39

Kiosque360. La cohésion de la majorité est devenue on ne peut plus fragile suite au gel de plusieurs projets et aux amendements apportés aux lois électorales. Le chef du gouvernement est tiraillé de toutes parts, aussi bien par son propre parti que par les composantes de la majorité et les ministres.

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La majorité n’a pu tenir aucune réunion depuis 2019, à cause de la profondeur de ses divergences avec, d’une part, le chef de file de la coalition gouvernementale, le PJD, et, d’autre part, ses dirigeants et certains ministres. Le quotidien Assabah rapporte, dans son édition du mercredi 7 avril, que les représentants de la majorité ne ratent aucune occasion, lors des séances parlementaires, de se tirer des balles dans le pied. A tel point qu’ils font mieux que les partis de l’opposition, suscitant de multiples polémiques qui bloquent souvent des projets de loi. Certains observateurs soulignent que Saâd-Eddine El Othmani est le chef de gouvernement le plus «malheureux» qu’ait connu le Maroc, puisqu’il est «trahi» par les membres de son propre parti, la majorité et certains ministres.

 

Pourtant le sage psychiatre ne baisse pas les bras, prescrivant toujours un traitement pour atténuer les conflits et éviter les pièges qui lui sont tendus. Ceci étant, la cohésion de la majorité gouvernementale est devenue on ne peut plus fragile suite au gel de plusieurs projets et aux amendements apportés aux lois électorales. L’adoption de la nouvelle formule du quotient électoral, contre l’avis même du parti qui dirige le gouvernement, a élargi le fossé au sein de la majorité. D’autant que le phénomène de la transhumance politique des élus, à l’approche des élections, a eu pour effet d’envenimer la situation.

 

Le quotidien Assabah rapporte que ce phénomène a pris une ampleur telle que certains dirigeants des partis ont demandé au ministre de l’Intérieur d’appliquer la loi qui prévoit la déchéance des transfuges de leurs mandats parlementaires et locaux. Les divergences au sein des partis de la majorité ont décuplé quand leurs centrales syndicales ont entrepris d’organiser une série de grèves dans l’enseignement, la santé, la poste et les professions libérales. Des grèves qui coïncident avec l’approche des élections des commissions mixtes des membres qualifiés aux élections de la Chambre des conseillers.

 

Les centrales syndicales ont, par ailleurs, exercé une pression pour entraver l’adoption d’un projet de loi organique relative à leur fonctionnement et ont gelé l’adoption de la loi organique sur l’exercice du droit de grève. Autant de points de désaccord qui ont empêché le chef du gouvernement de tenir une réunion avec les dirigeants de la majorité et les ministres. Une réunion qui devait être consacrée à la discussion des grandes lignes des réalisations, dans l’espoir de présenter un bilan du gouvernement approuvé par toutes les composantes de la majorité.