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Abdelilah Benkirane

Abdelilah Benkirane au Parlement.

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Histoire. Ces célèbres lapsus, au Parlement, d’élus et de ministres

Par Amyne Asmlal le 16/10/2020 à 21h34

Kiosque360. Dans l'histoire du Parlement marocain, en matière de lapsus, c’est l'ancien chef du gouvernement qui détient le record. Ses propos, sujet à multiples interprétations, sont mémorables. Mais d'autres hommes politiques ont laissé des traces.

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L'intervention, il y a quelques jours, du député-maire de Fès devant la commission des finances de la première Chambre, a suscité beaucoup de réactions. Et on ne peut pas dire que l'ancien ministre délégué au Budget a été ménagé par les réseaux sociaux, les médias et, en général, l'opinion publique. Ce sont les termes en dialecte qu’il a utilisés qui lui ont valu autant de railleries. Dans l’histoire de l’action parlementaire, Driss El Azami n’est pas le premier qu’auront trahi ses propos dans l’hémicycle. Dans un dossier consacré à la question, publié dans son édition des 16, 17 et 18 octobre, le quotidien Al Akhbar revient sur les lapsus des responsables politiques qui ont défilé devant le Parlement. 


Ainsi, écrit le quotidien, l’ancien chef du gouvernement Abdelilah Benkirane mérite, et de loin, le surnom de «monsieur la gaffe». A trop jouer sur les deux tableaux, le gouvernement et l'opposition, l'ancien locataire de la Primature a été trahi par un nombre incalculable de lapsus, pour ne pas dire d’écarts de langage. Tout le monde se rappelle d'ailleurs cet échange à forte connotation sexuelle qu'il a eu avec une parlementaire de l'opposition. Et ce n'est qu'un exemple. Une autre déclaration lui a même valu une menace de poursuite en justice pour non dénonciation de crime. Il a affirmé connaître un par un, et par leur nom, des responsables qui auraient détourné des deniers publics.


Driss Basri, en tout puissant ministre de l'Intérieur et homme fort de l'Etat, aurait également commis beaucoup de lapsus au Parlement, affirme le quotidien. Mais ce que l'histoire retient de lui, c'est cet épisode de 1965, quand il faut chargé de faire appliquer l’état d’exception et de faire évacuer le Parlement, alors qu'il n'était qu’un responsable de la sécurité. Après avoir vidé les bureaux et les locaux de l'institution, il s'est placé devant le portail et à chaque fois qu’un parlementaire arrivait, il le renvoyait avec ce message:«Il n’y a plus de Parlement» en agitant les clés des locaux.


Quant à Mahjoubi Aherdane, fondateur du Mouvement populaire, il a déclaré, en réponse à la question d'un député de l’Istiqlal, qu’il avait tous les agriculteurs dans sa poche, alors qu'il était ministre de l'Agriculture. C'était en 1964, précise le quotidien.

 

La même année, un député, manifestement illettré, de la majorité a fini son intervention en déclarant: «Les Marocains sont comme un troupeau de moutons gardé par des loups». La même année, au terme d'un houleux débat sur la Loi de finances, un autre député de la majorité, Abdelaziz Ouzzani, a lancé: «Nous n'avons pas tué le Maroc, nous l'avons juste enterré». Il réagissait aux propos d'un confrère de l’opposition qui avait accusé le gouvernement de tenter, par les mesures prévues dans le PLF, de tuer le Maroc.


Une année plus tard, le ministre de l'Education nationale d'alors, Youssef Belabbas Taarji, s'est présenté au Parlement et, éhonté, a entrepris de défendre sa décision, qui avait fait éclater les émeutes de 1965. Naturellement, il n'a pas été ménagé ni par les députés ni par l'Histoire d’ailleurs.

 

Autre anecdote rapportée par Al Akhbar, celle d'un député UC dont les propos ont été censurés dans les années 80 par les responsables de la Télévision marocaine (TVM) alors sous le contrôle de l’Intérieur. S'adressant aux habitants de sa circonscription dans le cadre d'une manifestation officielle organisée à la veille des élections, il leur a assuré qu'il n'avait aucun programme mais que s'ils votaient pour lui et qu'il était réélu, il ne les oublierait pas.