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Mohamed Larbi Belcaid

Mohamed Larbi Belcaid, maire de Marrakech.

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Justice: le maire islamiste de Marrakech rattrapé par les marchés de la COP22

Par Hassan Benadad le 15/10/2020 à 20h21

Kiosque360. Le maire PJDiste de Marrakech et son adjoint continuent d’être auditionnés par le juge d’instruction près de la cour d’appel de Marrakech. Les deux hommes sont accusés de détournement et de dilapidation de deniers publics lors de la COP 22 qui s’est déroulée à Marrakech en 2016.

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Le juge d’instruction chargé des crimes financiers près de la cour d’appel de Marrakech a levé le voile sur le déroulement de l’enquête dans l’affaire de la dilapidation des deniers publics dans laquelle sont impliqués le maire PJDiste de Marrakech, Mohamed Larbi Belcaid, et son premier adjoint, Younes Benslimane.

 

L’audience, qui a lieu mardi dernier, s’est focalisée sur les malversations financières relatives aux marchés concernant la préparation de la conférence sur les changements climatiques (COP22) qui s’est déroulée à Marrakech en 2016. Le quotidien Al Ahdath Al Maghribia rapporte, dans son édition du vendredi 16 octobre, que cette affaire a éclaté suite à une plainte déposée par l’Association marocaine de défense des droits de l'homme (AMDDH) contre le maire et son adjoint.

 

Le procureur général du Roi avait alors chargé la police judiciaire de diligenter une enquête sur la passation de plusieurs marchés, d’une valeur de 280 millions de dirhams, par entente directe sans appel à la concurrence. La PJ a auditionné aussi bien le maire et son adjoint que des élus, des fonctionnaires de la commune ainsi que les patrons des entreprises qui ont bénéficié indûment de ces marchés juteux.


Outre l’entente directe illégale, la plainte de l’AMDDH fait aussi état de l’annulation, sans raison valable, de certains appels d’offres d’une valeur de 25 millions de dirhams avant qu’ils ne soient attribués directement à une seule société. Le président de l’AMDDH a déclaré aux enquêteurs qu’après avoir épluché les comptes de ces marchés, il s’est avéré que certains ont été surévalués, d’autres n’ont toujours pas vu le jour tandis que certains chantiers étaient toujours en cours trois mois après la fin de la COP 22.

 

Le quotidien Al Ahdath Al Maghribia rapporte qu’avant la tenue de la conférence sur le climat à Marrakech, le conseil communal avait lancé un appel d’offres pour la rénovation de l’éclairage public du boulevard Hassan 1er auquel avaient souscrit cinq entreprises. Mais les dirigeants des trois sociétés retenues ont été surpris par la décision du maire d’annuler ces marchés. Sauf que quelques semaines plus tard, son premier adjoint Younes Benslimane a passé ce marché par entente directe à la société Ecelec. Une société qui a bénéficié de 5 autres marchés, sans compter celui accordé à une entreprise dirigée par l’épouse du directeur de la société Ecelec.

 

En définitive, ce sont 16 marchés d’une valeur de 40 millions de dirhams qui ont été conclus par entente directe de manière illégale.