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carrière de sable
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La mafia du sable retarde les travaux de la commission parlementaire

Par Hassan Benadad le 19/06/2019 à 21h51 (mise à jour le 19/06/2019 à 21h54)

Kiosque360. La commission parlementaire d’information sur les carrières de sable n’a pas toujours entamé ses travaux. Des lobbies ont noyauté la Chambre des représentants pour l’empêcher d’accomplir sa mission sur le terrain, notamment sur les sites menacés par l’extraction illégale de sable.

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Malgré la publication des rapports alarmants par l’ONU et par des associations écologiques internationales dénonçant l’extraction illégale de sable sur les zones côtières au Maroc, les autorités demeurent impuissantes face à la «mafia du sable». Des sources autorisées affirment que des lobbies sont derrière la paralysie de la commission d’information sur les carrières de sable, qui a été constituée par la Chambre des représentants. Dès l’annonce de la première réunion de cette commission, les interventions se sont multipliées dans l’enceinte parlementaire pour entraver ses travaux. Au début, il a été demandé à ses membres d’achever les procédures de la constitution de ladite commission par des «mesures de forme». Elle a ensuite été soumise à de fortes pressions pour l'empêcher d'accomplir ses missions sur le terrain, notamment sur les sites évoqués par le rapport onusien comme ceux de Mehdia, Kenitra et Larache. Du coup, la commission d’information n’a pas pu se réunir ni achever ses structures et, encore moins, programmer une réunion pour entamer sa mission.

 

Le quotidien Al Massae rappelle, dans son édition du jeudi 20 juin, que le rapport onusien a tiré la sonnette d’alarme sur la surexploitation du sable sur les côtes marocaines. Le document classe le Maroc parmi les pays qui connaissent une extraction illégale et irresponsable de sable risquant d'entraîner la sécheresse, des inondations et la baisse de la qualité de l’eau. Une surexploitation qui affecte la vie marine et engendre des conséquences néfastes sur l’environnement. Le rapport souligne qu'«il est vrai que l’on ne peut se passer du sable, mais il faut inciter les gens à s’adapter à une extraction responsable et modérée tout en trouvant de nouvelles solutions pour la gouvernance environnementale des ressources mondiales en sable».

 

Il faut rappeler que la Chambre des représentants avait constitué une commission parlementaire d’information sur les carrières de sable, et ce six mois après sa validation par le bureau de la Chambre. Un retard provoqué par les lobbies du sable qui ont pu noyauter le parlement pour imposer leur loi. Du coup, la commission n’a pu être constituée qu’après la réunion de la commission des infrastructures chargée d’étudier le phénomène d’extraction du sable sur les côtes et les catastrophes naturelles graves que cela engendre. Mais, jusqu’au jour d’aujourd’hui et malgré les avertissements du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), ladite commission parlementaire demeure toujours paralysée.