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Le Covid-19 menace la tenue des élections de 2021

Par Amyne Asmlal le 07/08/2020 à 22h28 (mise à jour le 08/08/2020 à 00h36)

Kiosque360. Alors que certains responsables politiques insistent sur le respect de l'agenda électoral, d'autres appellent au report des élections si la dégradation de la situation épidémiologique se poursuit.

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La hausse inquiétante du nombre de contaminations et de décès dus au coronavirus connaît actuellement risque de compromettre le plus long processus électoral que le Maroc ait jamais connu. Lequel processus s'étend sur une bonne partie de l'année prochaine, précise le quotidien Assabah qui aborde le sujet dans son édition du week-end des 8 et 9 août. Si le Royaume n’arrivait pas à maîtriser l'évolution de la pandémie, il est donc attendu, poursuit le quotidien, que ce long processus soit reporté. 


Pour l'heure, la hausse des cas enregistrés et la fermeture de huit villes est de nature à compromettre toute l'opération électorale. Ce qui fait dire au quotidien, citant des sources informées, que la poursuite de la détérioration de la situation d'ici la fin de l'année empêcherait définitivement la tenue des élections en leur temps. Cela d’autant, poursuit Assabah, que le ministère de l'Intérieur n'a pas encore donné suite aux mémorandums qui lui ont été remis par les chefs de partis politiques concernant les préparatifs de ce multiple scrutin et la réforme des lois électorales.


Les responsables des partis politiques sont également partagés sur le sujet. Certains s'accrochent aux délais constitutionnels et légaux et exigent l’organisation, dans les délais prévus, de ce long processus qui porte sur la désignation de pas moins de 32.000 élus locaux dans les assemblées communales, provinciales et préfectorales ainsi que les conseils régionaux, en plus des représentants des salariés et des 515 membres des deux chambres du Parlement. 


D'autres responsables de partis politiques estiment, au contraire, que la situation épidémiologique du pays ne permet pas l’organisation d'une opération électorale aussi complexe, dont le coût avoisine les 3 milliards de dirhams. Une enveloppe dont l'Etat a grandement besoin pour colmater les trous budgétaires, relève le quotidien. Pour justifier ce report, les mêmes responsables politiques mettent en avant le risque élevé de contaminations aussi bien pour les candidats et les électeurs que pour l'ensemble de la population pendant la campagne électorale.


C'est d'ailleurs ce qui est arrivé à Marrakech lors des dernières élections partielles, souligne Assabah. Un «foyer» s'est déclaré parmi les candidats et les élus PJD, précise le quotidien. C'est la raison pour laquelle les responsables des partis politiques ont décidé d'écrire au chef du gouvernement pour lui demander de reporter le débat sur les élections. Selon eux, la priorité est à la relancer l'économie et d’améliorer une situation sociale très affectée par les retombées de la pandémie. Dans ce sens, ils lui ont même suggéré de reverser le montant correspondant au budget réservé aux élections au Fonds spécial Covid-19.