Les 20 ans de règne de Mohammed VI vus par Jeune Afrique | www.le360.ma

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Roi Mohammed VI Aïd Al Adha
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Les 20 ans de règne de Mohammed VI vus par Jeune Afrique

Par Leïla Driss le 24/12/2018 à 11h31 (mise à jour le 24/12/2018 à 13h28)

Dans un dossier sur «L'Afrique en 2019», le magazine évoque la célébration, le 30 juillet prochain, du 20e anniversaire de l'intronisation de Mohammed VI, soulignant que «le Maroc d'aujourd'hui est incomparablement plus lisible, libre et ouvert qu'il ne l'a jamais été».

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«A 55 ans et après deux décennies au pouvoir, Mohammed VI continue de susciter à l'extérieur du Maroc, tout particulièrement en France et en Espagne, les deux anciennes puissances coloniales, des jugements toujours aussi tranchés au sein de la communauté éditoriale et médiatique, avec une étonnante capacité, chez cette dernière, à persévérer dans l'erreur», écrit l'hebdomadaire dans un article de son directeur de rédaction, François Soudan, sous le titre: «L'année de ses vingt ans».

 

«Tous les scénarios ont été annoncés sur un mode catastrophiste», observe Jeune Afrique en soulignant que «rien de cela ne s'est pourtant produit, au point que l'on est tenté de se demander si, dans le fond, ce n'est pas avec le modèle marocain de gouvernance – avec l'attachement de ce peuple de citoyens-sujets à l'institution monarchique et avec le concept du chef d'Etat commandeur des croyants – que les commentateurs européens ont un problème».

 

«La résilience d'un souverain, toujours aussi populaire et fédérateur, garant des équilibres et de la marocanité du Sahara, arbitre des jeux d'influences, irréductible aux clichés et incarnation d'une monarchie exécutive, en passe de réussir la transition d'une démocratie formelle vers une démocratie réelle, a manifestement quelque chose d'horripilant et incompréhensible pour un républicain régicide», note le magazine en soulignant que «si personne, même aux moments de contestation sociale les plus exacerbés de ces vingt dernières années, n'a réclamé la fin du régime, c'est bien parce que le peuple, après avoir craint Hassan II, affectionne son fils».

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«En deux décennies, les épreuves pourtant n'ont pas manqué. Attentats terroristes, Mouvement du 20-Février, Hirak du Rif. A chaque fois, en rupture avec le style de son père, Mohammed VI a su réagir à temps», relève l'hebdomadaire en indiquant notamment que le Hirak d'Al Hoceima a été «géré avec prudence et professionnalisme par les forces de l'ordre, aux antipodes du climat des années de plomb, avec, là aussi, une réactivité royale quasi-immédiate en matière de relance des projets économiques et de création d'emplois».

 

«Seule la contamination salafiste, cet objet de phobie, a reçu un traitement avant tout sécuritaire après les attentats de Casablanca en mai 2003, de la part d'une police dont l'efficacité et le professionnalisme ont progressé de façon spectaculaire depuis quinze ans», observe-t-il en notant, par ailleurs, que SM le Roi, commandeur des croyants, «s'est plié à la règle démocratique d'élections transparentes, quitte à cohabiter avec une idéologie qui n'est pas à priori la sienne».

 

«Inimaginable avant 1999, il faut donc une bonne dose de cécité (ou de mauvaise foi) pour prétendre, comme certains observateurs le font encore, que le Maroc n'a pas changé et que la transition entre les deux règnes est toujours inachevée», estime le magazine pour qui «le Maroc d'aujourd'hui est incomparablement plus lisible, libre et ouvert qu'il ne l'a jamais été».

 

«Avec beaucoup de doigté, le roi a su le conduire sur le chemin de la modernité à la fois économique, via la promotion d'une classe moyenne perçue comme facteur de cohésion de l'ordre social; sociétale, avec la réforme du Code de la famille; culturelle, avec l'ouverture de la scène artistique urbaine, la reconnaissance de la darija et l'introduction du tamazight dans l'enseignement; géopolitique, enfin, avec l'affichage d'une priorité africaine à la fois sincère et réciproquement gagnante», ajoute-t-il.

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«Reste que le chemin à parcourir sur la voie d'un Maroc plus juste et attractif, en particulier pour sa jeunesse, est encore long», estime Jeune Afrique en citant notamment la problématique de l'éducation.

 

«Ce dossier de l'éducation, qui le passionne, le roi le suit au quotidien, tout comme ceux des grands chantiers d'infrastructures, de politique étrangère, de sécurité ou d'affaires religieuses. Et ce n'est pas le moindre des paradoxes que d'entendre cet homme, dont les détracteurs prétendent qu'il +n'aime pas le job+ maîtriser sur le bout des doigts des thématiques aussi complexes que le Fonds bleu pour le bassin du Congo ou les variables des indices de développement humain et décrire avec une science de topographe les douars perdus de son vaste royaume», fait-il remarquer.

 

«Les Marocains, qu'on ne saurait aspirer à gouverner sans gouverner leur cœur, savent gré à leur roi d'avoir d'abord appris à régner sur lui-même avant de régner sur eux. Il existe dans cette relation unique entre le trône et le peuple, une part irréfragable de mystère qui relève de l'indicible. Autant être modeste et reconnaître qu'elle nous échappera toujours», écrit l'hebdomadaire en conclusion.