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Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, et Antony Blinken, secrétaire d'Etat américain.

Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, et Antony Blinken, secrétaire d'Etat américain.

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Les coulisses de l’entretien téléphonique entre Antony Blinken et Nasser Bourita

Par Tarik Qattab le 30/04/2021 à 22h08 (mise à jour le 01/05/2021 à 01h41)

Le journal en ligne américain, Axios, apporte des révélations sur la teneur de l’échange téléphonique entre Antony Blinken et Nasser Bourita. Le dossier du Sahara était au cœur de leur conversation.

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Si le mot Sahara n’a pas été cité une seule fois aussi bien dans le communiqué du département d’Etat américain que dans le communiqué du ministère marocain des Affaires étrangères, dans les faits il a été largement question du Sahara dans l’échange téléphonique, ce vendredi 30 avril 2021, entre le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, et son homologue marocain, Nasser Bourita.

 

Les coulisses de cet échange ont été révélées par le site d’information américain Axios, très bien introduit auprès de sources politiques à Washington et à Tel Aviv, dans un article intitulé: «Biden n’inversera pas la décision de Trump sur la Sahara occidental, affirment les Etats-Unis au Maroc».

 

Citant des sources proches de l’échange téléphonique, le journaliste Barak Ravid, établi à Tel-Aviv, lance d’emblée: «Le secrétaire d’Etat Tony Blinken a déclaré vendredi au ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita, lors d’un appel téléphonique, que l’administration Biden ne va pas reconsidérer la reconnaissance par le président Trump de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental».

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Et d’ajouter: «il y a dix jours, le conseiller de Biden pour le Moyen-Orient, Brett McGurk, s’est entretenu avec Bourita et a laissé entendre qu’il n’y aurait pas de changement dans la politique américaine sur le Sahara occidental».

 

L’auteur de l’article précise qu’au cours des dernières semaines, «de hauts responsables de la Maison Blanche et du Département d’Etat ont eu de multiples discussions» sur le dossier du Sahara. Ces discussions ont abouti à la décision «de travailler avec les Marocains sur la nomination d’un nouvel envoyé de l’ONU pour le Sahara occidental afin d’essayer de reprendre les négociations sur une éventuelle autonomie du territoire peu peuplé».

 

Voilà pour les révélations du très bien informé site d’informations Axios. Quant à la nomination d’un envoyé personnel du chef de l’ONU, Antonio Guterres, au Sahara, la candidature de Steffan de Mistura, un diplomate chevronné, portant à la fois les nationalités suédoise et italienne, a des chances d’aboutir. Un haut responsable de la diplomatie marocaine a précisé dans une déclaration pour Le360 que «ce n’est pas le profil du candidat qui importe au Maroc, mais la nature du mandat qui lui est confié». Et d’ajouter: «Contrairement à l’Algérie et au Polisario, le Maroc ne prend pas de décision en fonction de leur réaction, mais de ses intérêts».

 

Aujourd’hui, le mandat d’un envoyé onusien au Sahara ne peut s’opérer sans un esprit de compromis et de pragmatisme, qui considère qu’il n’existe pas de solution à ce conflit, créé par Houari Boumediene et Mouammar Kadhafi, en dehors de l’exercice de l’autonomie.

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Fort de ses expériences dans des zones de guerre comme l’Irak, l’Afghanistan ou la Syrie, Steffan de Mistura ne devrait pas être impressionné par un terrain de conflit mineur, comparativement aux poudrières où il a déjà officié.

 

Sa première mission: soulager le Polisario du lourd fardeau des communiqués fictifs sur une prétendue guerre au Sahara.

 

Sa principale mission: considérer l’Algérie comme la véritable partie au conflit du Sahara. Perdre du temps avec la pupille, au lieu de s’adresser à son tuteur, n’apportera aucun résultat.

 

Les révélations d’Axios vont doucher les espoirs des parties qui ont parié sur une annulation par Joe Biden de la proclamation de Donald Trump sur la marocanité du Sahara.