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Les élections de 2021 relancent le débat autour de la dépénalisation du cannabis

Par Mohamed Younsi le 22/02/2021 à 18h40

Kiosque360. Le dossier du cannabis revient sur le devant de la scène politique et médiatique à l’approche des élections. Des voix politiques appellent à la légalisation de cette plantation et à la mise en place de plans d’accompagnement des paysans vivant du cannabis pour les sortir de la précarité et de l’illégalité.

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Plus de 30.000 paysans seraient recherchés pour des accusations liées à la culture du cannabis dans les régions de Bni Sdate, Ketama, Bni Khaled, Taounate, Larache, Ouazzan et Tétouan. Ces paysans vivent dans la précarité et l’illégalité. Le débat autour de cette problématique, lancé en 2008, a été renvoyé à plusieurs reprises aux calendes grecques. Mais à l’approche des élections, le dossier revient sur le devant de la scène politique et médiatique, fait remarquer le quotidien Al Ahdath Al Maghribia dans son édition du mardi 23 février.

 

Le parti Authenticité et modernité (PAM) a été le premier à monter au créneau pour appeler à la légalisation de cette culture juste après la création du parti, a tenu à rappeler dans un tweet sur les réseaux sociaux le député du Tracteur, Larbi Mharchi. Et de préciser que «ceux qui tentent de lier la question à des fins électorales cherchent en fait à faire perdurer le statu quo dans la région pour exploiter les pauvres agriculteurs». Larbi Mharchi, qui n’a pas précisé quelles sont les parties qui s’opposent au projet de son parti en qualifiant sa proposition de manœuvre électorale, a souligné que le PAM poursuivrait sa démarche pour défendre les habitants de la région.

 

De son côté, le président du groupe parlementaire istiqlalien à la Chambre des représentants, Noureddine Médiane, a plaidé au nom de son parti pour la légalisation de cette culture «dans l'objectif de mettre fin au trafic de drogue et d'encourager la médecine et la pharmacologie». Cette plante est utilisée pour être industriellement transformée à des fins thérapeutiques, paramédicales et esthétiques, comme cela se fait dans plusieurs autres pays, a-t-il souligné lors d’une rencontre organisée par le Conseil économique, social et environnemental sur «la légalisation de la culture du cannabis».

 

Il faut faire une distinction entre les drogues dures et le cannabis, plante locale et naturelle comme toutes les autres plantes, a-t-il martelé. D’autant que les Nations Unies ont reclassifié le cannabis en le retirant de la liste des stupéfiants.

 

A ce propos, le président du groupe des députés de l’Istiqlal à la première Chambre du Parlement, qui a appelé à l’ouverture d’un large débat sociétal et responsable autour de cette problématique, avec l’implication des différents acteurs locaux, provinciaux, régionaux et nationaux, a proposé la réforme du dahir de 1974 pour s'aligner sur les orientations des Nations Unies. Et de préciser que le groupe du PI à la Chambre des représentants est en train de confectionner un projet de loi dans ce sens.

 

Quoi qu'il en soit, le PAM et l’Istiqlal appellent à la mise en place de solutions économiques efficientes et de mesures sociales alternatives réelles pour permettre aux paysans de la région de sortir de la précarité et de l’illégalité. Autant dire qu’un projet de loi dans ce sens pourrait être soutenu par les deux formations politiques dans le circuit législatif.