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Houcine El Ouardi, ex-ministre de la Santé.

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Lever le confinement maintenant? Une dangereuse aventure, selon El Ouardi, ex-ministre de la Santé

Par Mohammed Ould Boah le 05/05/2020 à 23h28 (mise à jour le 06/05/2020 à 08h32)

Kiosque360. Alors que les préparatifs vont bon train pour lever le confinement dès le 20 mai courant, des voix s’élèvent pour mettre en garde contre toute précipitation. L’ancien ministre de la Santé, Houcine El Ouardi, estime qu’il pourrait s’agir d’une aventure dangereuse.

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Dans une discussion sur les réseaux sociaux avec la jeunesse de son parti, le Parti du progrès et du socialisme, l’ancien ministre de la Santé,  le professeur Houcine El Ouardi, a longuement abordé, lundi soir, la question de la pandémie de coronavirus et son évolution, particulièrement au Maroc.

 

Selon le quotidien Al Massae du mercredi 6 mai, El Ouradi a surtout mis en garde contre toute levée précipitée de l’état d’urgence sanitaire, alors que de nouvelles contaminations continuent d'être signalées quotidiennement.

 

En effet, El Ouardi, professeur spécialiste en urgentologie, estime que, même si le Maroc n’a jusqu’ici utilisé que 3 à 4% de sa capacité en infrastructures de réanimation, un déconfinement ne devrait avoir lieu qu’une fois que les autorités sanitaires se seront assurées que la courbe des contaminations s’est complètement aplatie. Il s’agit là, selon lui, d’une condition sine qua non pour lever l’état d’urgence sanitaire, à moins de vouloir se lancer dans une aventure risquée, voire dangereuse. Une courbe aplatie signifie concrètement que le pays n’enregistre plus qu’une seule ou zéro nouvelle contamination par jour.

 

Or, et puisque le Maroc est actuellement dans la fourchette de 100 à 200 contaminations par jour, il serait tout simplement prématuré de lever le confinement sanitaire. D’ailleurs, même en cas d’aplanissement de la courbe des contaminations, le déconfinement doit se faire graduellement et avec toute la prudence requise, en l’accompagnant du maintien des mesures d’hygiène, du masque obligatoire pour tous et de la distanciation sociale.

 

Le membre du bureau politique du PPS et ancien ministre de la Santé n’a pas manqué de critiquer vertement la faible dotation budgétaire allouée annuellement au ministère de la Santé. Il a ainsi affirmé qu’il était inacceptable que le budget de la santé au Maroc soit égal à celui alloué, en France, au seul Centre hospitalier universitaire de Marseille.