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L'Istiqlal met en garde le gouvernement contre une «récession historique»

Par Amyne Asmlal le 28/06/2020 à 20h27 (mise à jour le 29/06/2020 à 19h47)

Kiosque360. Nizar Baraka, patron de l'Istiqlal, a réitéré l'appel de son parti au gouvernement à en finir avec les politiques publiques actuelles, qui ont atteint leur limite. Le Maroc, avance-t-il, est en passe de connaître une récession historique.

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Le gouvernement est appelé à se mettre à l’œuvre sans plus tarder pour sauver les millions d'emplois en péril. Le Maroc risque, en effet, de connaître une récession économique historique. L'Exécutif se doit donc, aujourd’hui plus que jamais, de s’intéresser à l'élément humain en investissant, notamment, dans les domaines de la santé et de l’enseignement. Cette mise en garde émane de l'Istiqlal, parti de l'opposition, qui vient de tenir, samedi, une réunion de son comité central. Lors de cette réunion, le secrétaire général a, une fois encore, insisté sur le fait que la crise due à la pandémie Covid-19 est, malgré tout, «une opportunité pour le Maroc de rompre avec les politiques publiques qui ont déjà montré ses limites», rapporte le quotidien Al Akhbar dans son édition du lundi 29 juin.

 

Ces politiques, poursuit le secrétaire général Nizar Baraka qui intervenait en cette occasion, «n'ont conduit qu'à la précarité économique et sociale qui a été aggravée par cette crise». Aussi, souligne le responsable du parti, le gouvernement est-il appelé à élaborer une nouvelle vision, «globale et intégrée», en rupture avec les approches verticales et désarticulées ou ce qu’il qualifie d’«approche en silos», déjà adoptées par les gouvernements précédents et restées sans résultat. Le Maroc, insiste Nizar Baraka, est exposé à une récession historique dont les implications risquent d'être dévastatrices aussi bien sur l'emploi, avec aggravation du chômage, que sur le pouvoir d'achat, avec extension de la pauvreté. 

 

L'Istiqlal, rappelle son secrétaire général, a justement élaboré un plan de sortie de la crise qu'il a remis au gouvernement. Lequel plan propose des mesures à même de sauvegarder la classe moyenne et de préserver les couches sociales les plus démunies de la précarité et de la pauvreté en instaurant, notamment, un «revenu minimum vital» pouvant assurer une vie digne aux familles défavorisées. Le parti a également proposé au gouvernement d'élargir la base de la protection sociale et médicale, d'intégrer le secteur informel dans le secteur organisé et de réformer le système de retraites, précise son secrétaire général.

 

Entre autres propositions faites au gouvernement, l'Istislal recommande la consolidation de la sécurité alimentaire, en veillant à atteindre l'autosuffisance dans les produits de consommation de base. L’Istiqlal préconise également de préserver la sécurité énergétique et hydrique du Royaume et d'investir massivement dans les secteurs de la santé et de l’enseignement. En même temps, poursuit le secrétaire général du parti, l'Exécutif se doit également de préserver l'indépendance de la décision économique, tout en s'efforçant de consolider la production nationale et d'encourager, via les commandes publiques, le produit national.   

 

L'Istiqlal a, par ailleurs, insisté sur le rôle de l'Etat, appelant à définir les priorités de ce dernier et son champ d'action, et à s'inscrire dans un modèle de rupture. Un modèle dans lequel il ne s'agit pas de dépenser plus mais de dépenser mieux, où il ne s'agit pas d'investir plus mais de mieux rentabiliser les investissements publics, et où il ne s'agit pas d'augmenter la pression fiscale mais d'élargir la base imposable pour avoir plus de ressources financières.