Mairie de Casablanca: Les élus toujours devant la BNPJ

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Revue de presseKiosque 360. Après les perles révélées par le rapport de la Cour des comptes de 2010, le ministère de la Justice a transféré plusieurs dossiers à la BNPJ pour enquêtes approfondies.

Le 14/01/2015 à 21h30

« De nouveaux scandales à Casablanca transmis à la BNPJ par le ministère de la Justice ». C’est sous ce titre qu’Al Ahdath Al Maghribia a choisi d’aborder les graves dysfonctionnements constatés dans la gestion communale à Casablanca, dans sa Une du 15 janvier. Les dossiers transférés se suivent à une cadence soutenue, écrit le journal, à tel point que le bureau chargé des crimes économiques et financiers de la brigade d’élite a du pain sur la planche. Al Ahdath énumère un certain nombre de dossiers dont les plus sulfureux sont relatifs au paiement de prestations et de services sans justification réelles.

Dépenses injustifiées

C’est le cas entre autres de trois dépenses. Les deux premières portent sur des prestations d’une valeur respective de 110 MDH de 70 MDH, toutes deux injustifiées. La troisième est relative au paiement de 4 MDH à une société qui a accusé du retard dans la livraison d’un marché, mais à laquelle les services de la ville n’ont pas jugé opportun d'appliquer les pénalités de retard, d’une valeur de 1.35 MDH. D’autres concernent des projets relatifs à des aménagements de la voirie au Maarif et à la Corniche. Le quotidien révèle que les études techniques préliminaires de l’Avenue Massira Al Khadra au Maarif devaient coûter initialement 18 MDH, alors que le montant versé au final est de l’ordre de 42 MDH, soit plus de 200% d’écart. Pourtant, la loi est claire à ce propos, le montant d’un marché public ne peut pas excéder 10% du montant prévisionnel.

Le Fonds des travaux, encore lui

Autre chantier sur lequel se penchent les enquêteurs, celui de la Corniche d’Aïn Diab. La mise en place de lampadaires d’éclairage public a coûté la rondelette somme de 20 MDH. Un montant supérieur à ce qui était prévu. Pour combler la différence entre le montant originel et le prix réel, la ville a choisi de faire appel au Fonds des travaux, qui est critiqué par beaucoup d’élus pour son opacité, et dont la finalité est toute autre. Le fonds des travaux est destiné à équiper les zones souffrant de fragilité et de sous-équipement en infrastructure. Al Ahdath souligne que ces dossiers viendront s’ajouter à d’autres dont s’est saisie la BNPJ, portant sur des dysfonctionnements en matière d’urbanisme et de gestion du patrimoine foncier, de finances locales, et de la gestion des communes de Dar Bouazza, d’Oulad Salah et de Lissasfa.

Un conseil magnanime

Pour sa part, Al Massae, qui aborde le sujet sous l’angle de l’implication des élus, indique que trois fonctionnaires et le Secrétaire général du Conseil de la ville ont été entendus à plusieurs reprises par la brigade. Les interrogatoires ont porté, selon Al Massae, sur la manière dont les montants initiaux des projets ont été dépassés. Le journal affirme que parmi les autres dossiers qui seront ouverts par les enquêteurs figurent en bonne place les marchés d’attribution des panneaux publicitaires, d'autant que plusieurs bénéficiaires ne paient pas les redevances dues au Conseil de la ville, qui s’élèvent aujourd’hui à plusieurs millions de dirhams. Le journal rappelle que la Cour des comptes a pointé du doigt plusieurs dysfonctionnements, abus, mauvaise gestion et dilapidation de deniers publics.

Au moment où ce feuilleton judiciaire risque d’éclater, le Conseil de la ville vit sur le qui-vive car il doit absolument combler un «trou de caisse» de 600 MDH, qui pourrait l'empêcher de respecter ses engagements pris en faveur du développement de la ville devant le Souverain. Capitale économique, Casablanca ne manque pas de richesses. Le problème se situe plutôt au niveau de la gouvernance.

Par Amine Haddadi
Le 14/01/2015 à 21h30