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Couverture "Le Temps des Tempêtes"

Couverture de l'ouvrage «Le Temps des tempêtes» de Nicolas Sarkozy.

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Nicolas Sarkozy: le roi Mohammed VI, «une grande intelligence» et «une gentillesse qui ne se dément jamais»

Par Tarik Qattab le 04/08/2020 à 11h49 (mise à jour le 04/08/2020 à 17h20)

Paru fin juillet, «Le Temps des tempêtes», dernier ouvrage de l’ancien président français, évoque notamment le grand amour de Nicolas Sarkozy pour le Maroc, et la haute considération qu’il a pour le roi Mohammed VI. Extraits.

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C’est un secret de Polichinelle: Nicolas Sarkozy aime le Maroc et il le clame haut et fort, s’érigeant bien souvent en grand avocat des intérêts et grandes causes du Royaume. Dans son dernier livre, Le Temps des tempêtes, l'ancien président de la République française le réitère.

 

Dans cet ouvrage, paru aux éditions de L’Observatoire, il revisite dans le détail la première partie de son quinquennat et les étapes marquantes qui l’ont jalonnée. Le Maroc et le roi Mohammed VI y occupent naturellement une bonne place, au vu de la nature étroite des relations entre les deux pays.

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Dans son livre, Sarkozy avoue même avoir eu à s’expliquer sur cette relation. Il en est allé ainsi lors d’un voyage officiel du nouveau président français…en Algérie, devant l'ancien président Abdelaziz Bouteflika.

 

Après plus d’une heure passée à justifier le passé colonial français dans ce pays, «je dus également me justifier de ce qu’il (Bouteflika, Ndlr) appelait mon tropisme marocain. Pour lui, c’était limpide, j’aimais davantage le Maroc que l’Algérie. Je m’en défendis avec vigueur même si, intérieurement, je me disais: "au moins, quand je suis à Rabat, le roi ne me reproche pas le Protectorat!"», écrit-il.

 

Le Maroc? «Je pourrais sans doute y vivre»

Alors souffrant, Nicolas Sarkozy raconte également toute la sollicitude dont il a été entouré par le souverain lors d’une visite d’Etat au Maroc. Et du Royaume, il garde des souvenirs mémorables.

 

Extrait: «La visite commençait à Marrakech où le roi Mohammed VI avait prévu de m’accueillir. C’est un homme d’une grande intelligence, très francophile, et d’une gentillesse qui ne se dément jamais. Il m’avait demandé de choisir la ville où je souhaitais débuter le voyage. J’avais répondu Marrakech, car il s’agissait pour moi d’un lieu unique au monde. Cette oasis d’où l’on peut apercevoir les neiges éternelles de la chaîne de l’Atlas ne ressemble à aucun autre endroit. L’air descend des hautes montagnes et se réchauffe progressivement lors de la traversée du désert pour arriver à bonne température au moment d’entrer dans la ville. Le ciel est d’un bleu unique. Les peintures de Majorelle en portent témoignage. Elles ne mentent pas. Les fleurs sont omniprésentes. Les odeurs sont celles d’un Orient qui aurait choisi de se rassembler tout entier dans cette ville miraculeuse. L’art et l’artisanat y ont pris racine depuis des siècles. La population est joyeuse, accueillante, bigarrée et bruyante. L’air est doux. Le soleil y est garanti. J’ai toujours le sentiment d’être à la maison tant tout me paraît familier et différent, car c’est déjà le début de l’Orient. Les Marocains nous sont ainsi tout à la fois proches et lointains. Le roi m’avait téléphoné juste après mon divorce pour me dire de venir avec des proches. "Emmenez vos fils, je ne veux pas que vous soyez seul, j’y tiens beaucoup. Je leur présenterai mes neveux. Ils s’amuseront bien tous ensemble." J’avais été touché par cette délicate attention et avais en conséquence demandé à Pierre et à Jean de m’accompagner, ce qu’ils avaient accepté avec leur affection coutumière. Ce n’était vraiment pas de chance d’être malade alors que je me faisais une joie de revenir dans ce Maroc qui m’est si cher, et que j’aime tant. J’ai toujours ressenti cette proximité. Je pourrais sans doute y vivre».

 

Somptueux, sans être clinquant

De l’accueil royal, Sarkozy se souvient: «le soleil était au zénith et tapait fort. J’étais étourdi par la beauté du paysage, le bruit de la foule immense, la chaleur de l’accueil. Je rassemblai toutes mes forces pour tenter de faire bonne figure et profiter de ces moments inoubliables. (...) Vivre de tels moments permettait de comprendre instantanément la profondeur et l’ancienneté de la culture marocaine. (...) Le palais était somptueux sans être clinquant. Chaque objet y respirait l’histoire, la tradition, le goût le plus raffiné, l’artisanat le plus habile. Tout était beau sans que rien ne semblât neuf».

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De sa longue expérience du Maroc, l’ancien chef d’Etat retient ce qui semble le résumé de tout le règne du roi Mohammed VI. Et cela se passe de tout commentaire: «aujourd’hui encore, il m’arrive d’y penser avec une nostalgie heureuse. Le Maroc a bien de la chance de disposer d’un souverain de cette qualité. Sa vision est celle d’un pays qui doit se moderniser sans perdre son identité. Il a l’autorité de son père Hassan II et son intelligence, mais il y ajoute la modernité de son âge et l’humanité de son tempérament».