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Abdellatif Ouahbi - Ministre de la Justice - Parlement

Le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, répondant à une question orale à la Chambre des représentants, le 24 janvier 2022, à Rabat.

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Ouahbi persiste et signe: les associations de défense des deniers publics ne peuvent porter plainte contre des élus

Par Hassan Benadad le 12/05/2022 à 21h56 (mise à jour le 13/05/2022 à 11h34)

Kiosque360. Le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a déclaré que les dirigeants des associations de protection des deniers publics sont passibles de 10 ans prison s’ils sont déclarés coupables de diffamation et de délation. Cet article est une revue de presse du quotidien Assabah.

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Le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a menacé de poursuivre en justice les associations de protection de l’argent public coupables de plaintes et de délation envers des personnes qui ont été acquittées par des tribunaux. Le quotidien Assabah rapporte, dans son édition du vendredi 13 mai, que le ministre a indiqué que dans le cas échéant, les dirigeants de ces associations peuvent encourir des peines de prison allant jusqu’à dix ans. Répondant à une question sur cette interdiction, lors d’une émission télévisée, Ouahbi a déclaré que la société civile ne peut pas se réduire à deux associations.

 

Et le ministre de poursuivre fermement: «La plupart de ces associations ne disposent pas de procès-verbaux de constitution, ni de déclarations auprès des services concernés. Il existe, même, une association où siège une seule personne qui se considère comme un bureau national en déposant des plaintes à tout bout de champ». C’est très surprenant, ajoute-t-il, car la lutte contre la corruption est une mission institutionnelle et le Maroc est un État régi par des institutions telles la Cour des comptes, l’Instance de lutte contre la corruption, l’Inspection générale des finances et bien d’autres organes.

 

Le quotidien Assabah rapporte que Ouahbi a indiqué que le procureur général du Roi près de la cour de cassation, qui est en même temps président du ministère public, n’attend pas les plaintes de ces associations pour engager des poursuites judiciaires. Ce haut magistrat, poursuit-il, ouvre une information judiciaire sur la base des dossiers déférés par la Cour des comptes. Le ministre a, d’une manière indirecte, accusé de chantage les responsables de ces associations en affirmant que «les plaintes de ces associations sont déposées contre des personnes qui refusent la corruption et le chantage. Je dispose de plaintes contre ces entités tout comme le ministère de l’Intérieur qui en a reçues de la part des élus locaux».

 

Autant dire, ajoute-t-il, que les responsables de ces associations doivent être punis quand leurs plaintes débouchent sur un acquittement, par le tribunal, des personnes qu’ils ont accusées. Aussi le ministre considère-t-il les amendements qu’il a initiés pour interdire à ces associations de déposer des plaintes comme une empreinte personnelle et une source de fierté.