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Partis politiques: la saison des congrès est ouverte

Par Amyne Asmlal le 30/09/2022 à 21h18

Kiosque360. Quatre partis politiques tiennent leur congrès d’ici le début de l’année prochaine. Et c’est l’UC qui ouvre le bal. Il sera suivi par le PPS et le MP, en novembre, et, quelques mois plus tard, par l’Istiqlal. Les détails dans cette revue de presse tirée de l’hebdomadaire La Vie éco.

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L’Union constitutionnelle tient son 6e congrès national ce week-end. C’est le début d’une série de congrès qui se prolongera jusqu’au début de l’année prochaine. L’Istiqlal, le MP et le PPS ont ainsi programmé leur grand-messe entre le mois de novembre prochain et le début de l’année 2023.

 

D’après l’hebdomadaire La Vie éco, qui évoque ce sujet dans son édition mise en ligne vendredi 30 septembre, les observateurs de la scène politique sont catégoriques: ces rendez-vous ne sont certainement pas annonciateurs de renouvellement des élites politiques ni de rajeunissement des instances dirigeantes des partis. Il ne faut pas, non plus, s’attendre à une nouvelle offre politique ou à l’annonce de nouveaux projets sociaux.


Cela dit, l’UC organise enfin son congrès, sept années après le dernier. Selon la loi, les partis politiques doivent tenir leur congrès toutes les quatre années. Au cas contraire, ils risquent des sanctions. Dans les faits, ils sont privés des subventions publiques. Pour échapper à cette sanction, l’UC a avancé un argument juridique infaillible: l’état d’urgence sanitaire, que le gouvernement vient d’ailleurs de prolonger pour une énième fois.


Pour ce parti, le véritable enjeu du congrès est le renouvellement, dans la mesure du possible, de sa direction. En principe, explique l’hebdomadaire, n’importe quel membre peut se porter candidat au poste de secrétaire général. Ces conditions sont les moins contraignantes sur la scène politique marocaine. Il suffit d’avoir milité dix ans au parti, d’avoir été parlementaire ou ministre sous ses couleurs ou d’avoir été membre du bureau politique ou du conseil national pour prétendre à la conduite des affaires de l’UC.

 

Évidemment, dans la pratique, c’est plus compliqué. Il n’est donc pas exclu de voir le secrétaire général sortant, Mohamed Sajid, reconduit au poste. Ce sera fort probablement le cas pour l’Istiqlal qui tient son congrès au début de l’année prochaine et du PPS qui réunit sa grand-messe dans un mois.


A l’Istiqlal, le problème de la succession de Nizar Baraka ne se pose, en effet, pas. Ou plus exactement ne se pose plus. L’homme a réalisé une prouesse électorale et a réussi à dissiper les tensions internes, alors que le parti était au bord de l’implosion quand il en a pris les rênes. Tout porte à croire que c’est Nizar Baraka qui conduira le parti aux élections de 2026, avec l’ambition de réaliser un meilleur score qu’aux législatives du 8 septembre.


Dans le cas du PPS, Nabil Benabdellah se succédera sans doute, encore une fois, à lui-même, écrit l’hebdomadaire. Dans le contexte actuel, il est même considéré par les observateurs de la scène politique comme "irremplaçable". Le seul changement pourrait peut-être venir du MP où, à 80 ans, Mohand Laenser a exprimé à maintes reprises son désir de prendre sa retraite politique.


Pour revenir à l’UC, son cas interpelle les analystes à plusieurs égards. Ce n’est certainement plus l’UC du début des années 80, une période de crises multiples et profondes pour notre pays, lorsque le parti a été appelé à jouer un rôle de premier ordre. Cela ne veut pas dire qu’il est complètement à la marge aujourd’hui.

 

Nous avons vu comment il a pu contribuer, en formant lors du dernier mandat un groupe parlementaire avec le RNI, à brider les tendances hégémoniques du PJD. Le sort des deux formations présente d’ailleurs une certaine similitude. En 1984 et en 1993, l’UC a raflé les élections législatives arrivant premier, avec même 27% des sièges lors du scrutin législatif de 1984. En 2002, il a dégringolé à la 7e place avec seulement 5% des sièges de la première Chambre. Le PJD est manifestement en train de vivre la même expérience.