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Abdelilah Benkirane

Abdelilah Benkirane.

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PJD: voici comment Benkirane a reconquis la direction d’un parti laminé

Par Amyne Asmlal le 05/11/2021 à 20h45

Kiosque360. A peine élu à la tête du PJD lors d’un congrès extraordinaire, Abdelilah Benkirane envisage déjà de donner son empreinte au PJD. Il choisit minutieusement son équipe et commence à dicter sa nouvelle ligne politique.

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Abdelilah Benkirane n’a jamais pardonné à son prédécesseur, Saâd-Eddine El Othmani, depuis l’élection de ce dernier à la tête du parti en 2017, ce qu’il a toujours considéré comme son «péché originel». Benkirane, qui vient d’accéder aux commandes du PJD, lui en voulait de ne pas avoir intégré les membres du clan de son rival dans la composition de l’organe exécutif du parti, surtout les partisans du fameux «troisième mandat», écrit l’hebdomadaire Al Ayyam dans son édition actuellement en kiosque.

 

Or, à peine endossé le brassard de capitaine d’équipe, Benkirane n’a pas pu s’empêcher de commettre la même erreur, poursuit l’hebdomadaire. Hormis Jamaâ Mouâtassim, qui a été élu secrétaire général-adjoint, la nouvelle équipe choisie par Benkirane ne compte aucun membre fondateur, ni les dirigeants du premier rang. Le nouveau secrétariat général compte, par contre, de nombreux membres de la deuxième génération qui ont toujours été à ses côtés. Ce qui a valu au parti certaines démissions, y compris parmi les proches de Benkirane lui-même.


Ce qui fait dire à l’hebdomadaire, qui reprend d’ailleurs les propos de la propre fille du zaïm, que le nouveau secrétaire général a échoué dans le premier examen qu'il a eu à passer. Le nouveau numéro un du parti n’a pas non plus réussi à convaincre celui qui a toujours été considéré comme le «numéro 2» ou l’«homme de l’ombre», celui qui domine plus que quiconque l’organisation du parti, à faire partie de la nouvelle équipe. Slimane El Omrani, l’éternel secrétaire général-adjoint, a tenu à rejeter par écrit l’offre qui lui a été faite par le patron du parti de garder son poste. El Omrani préfère, dit-il, faire une pause.


Par contre, s’il est une personne que Benkirane ne souhaite sans doute pas retrouver dans les réunions du secrétariat général, c’est bien l’ancien ministre du Travail. Mohamed Amekraz fait partie des ministres avec lesquels Benkirane a rompu tous ses liens publics. C’est le cas également du l’ancien ministre de l’Energie dans le gouvernement Benkirane qui, en tant que trésorier du parti, siège de par sa qualité dans l’organe exécutif. Cependant, on ne sait pas encore si Abdelkader Amara restera en poste ou non, sachant que lors du dernier mandat, il a toujours été en différend avec son chef hiérarchique, Abdelhak Elarabi, directeur du parti, qui, lui, a été confirmé au poste.


Les militants du parti, comme nombre d’observateurs, ont par ailleurs noté l’absence de l’un des fervents partisans du Benkirane dans la composition du secrétariat général. En fait, n’étant pas inscrit sur les listes électorales, Abdelali Hamieddine n'a légalement pas le droit de faire partie de l’instance exécutive. Cependant, la première initiative que le nouveau secrétaire général a prise, c’est de faire adopter une décision de rattachement de Hamieddine au secrétariat général. Abdellah Bouanou, contrairement à toute attente, ne fait pas non plus partie de la liste proposée par Benkirane, mais il siège quand même dans cette instance de par sa qualité de chef du groupement parlementaire.


Lors des premières sorties publiques du nouveau secrétaire général, on notera également la façon dont il s’est empressé de recadrer le trublion Abdelaziz Aftati et le changement de ton du parti vis-à-vis du nouveau gouvernement. C’est un véritable coup de frein au discours de l’opposition adopté depuis le début par Bouanou et ses frères au Parlement, écrit Al Ayyam. C’est Abdelilah Benkirane qui tient désormais la baguette de chef d’orchestre de l’opposition islamiste au Parlement. C’est désormais lui qui décidera de ce qui peut être dit ou pas. D’ailleurs, aucun parlementaire ne devrait faire de déclaration politique jusqu’à nouvel ordre.