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A. Tebboune

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune.

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Pour Abdelmadjid Tebboune, le soutien au Polisario est «un dogme» en Algérie

Par Mohammed Ould Boah le 13/07/2020 à 11h32 (mise à jour le 13/07/2020 à 11h42)

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a accordé, ce lundi 13 juillet, un entretien au quotidien français L’Opinion où il a évoqué les relations entre le Maroc et l’Algérie. Il a fait une mise au point qui ne laisse aucune équivoque sur les intentions de l’Algérie à l’égard du Maroc.

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Le doute n’aura même pas duré dix jours. Ceux qui avaient fondé des espoirs après les déclarations apaisantes du président algérien, Abdelmadjid Tebboune, le 4 juillet dernier à la chaîne de télévision France 24, vont comprendre que la tension permanente avec le Maroc est l’un des piliers fondateurs du régime algérien. Ceux qui croyaient que certaines parties en Algérie poussaient dans le sens d’une relation apaisée entre les deux pays voisins, au regard des défis que constituent le Covid-19, la crise économique et la situation explosive en Libye, vont prendre la mesure de la profondeur abyssale de l’hostilité au Maroc dans l’Etat algérien.

 

Dans cet entretien avec France 24, le président algérien a déclaré: «je le dis de la manière la plus officielle: nous n’avons aucun problème avec nos frères marocains». Il a surtout fait cette déclaration sibylline qui pouvait laisser croire à une main tendue: «maintenant, si eux (les Marocains, Ndlr) pensent qu’il faut prendre une initiative, elle sera la bienvenue. Je pense qu’ils peuvent prendre une initiative qui va clore ce dossier». Cette phrase a semé un vent de panique chez les militaires algériens et dans les rangs du Polisario. S’ensuivit une campagne d’une rare violence contre le Maroc dans les médias officiels algériens, comme pour signifier qu’aucun changement dans la politique algérienne ne pointe à l’horizon.

Tebboune contrarié par les médias officiels algériens suite à son ton conciliant avec le Maroc

 

Et comme cela ne suffisait pas, il fallait recadrer le président algérien, lui-même, et l’exhorter à faire une mise au point qui ne prête à aucune équivoque. C’est ce qu’il a fait dans un entretien accordé ce lundi 13 juillet au quotidien français L’Opinion et dont de larges extraits ont été repris par le site d’information TSA.

 

Dans ce dernier entretien, Abdelmadjid Tebboune affirme: «en ce qui nous concerne, nous n’avons aucun problème avec le Maroc et sommes concentrés sur le développement de notre pays». Et d’ajouter: «nos frères marocains ne semblent pas être dans le même état d’esprit». Et de préciser encore: «pour eux, la République arabe sahraouie est de trop sur l’échiquier international. C’est à eux d’engager le dialogue avec le Polisario. Si les Sahraouis acceptent leurs propositions, nous applaudirons». Et de rappeler que le soutien aux mouvements indépendants est une constante de l’Etat algérien. «C’est presque dogmatique», assène-t-il.

 

Le mot est lâché: le soutien au Polisario est un dogme en Algérie. En d’autres termes, une constante, une vérité indiscutable qui ne souffre aucune remise en question. En somme, le boumédiennisme dans toute sa splendeur.

Vidéo. Vues du ciel, voici les principales installations militaires algériennes près des frontières avec le Maroc 

 

Dans l’entretien au quotidien L’Opinion, le chef de l’Etat algérien est revenu encore une fois sur la construction par les FAR d’une caserne dans l’Oriental. «La construction de bases militaires à nos frontières est une forme d’escalade qui doit s’arrêter», a affirmé le président algérien, qui semble ignorer que l’armée algérienne dont il est en principe le chef suprême, dispose d’une vingtaine de bases militaires tout au long des frontières avec le Maroc.

 

La caserne que les FAR construisent à proximité de Jerrada semble ainsi le nouveau prétexte du régime algérien pour alimenter la tension permanente avec le Maroc.

 

Quant aux personnes qui ont cru à un miracle après l’entretien du chef de l’Etat algérien avec France 24, elles pourront s’accrocher à ce «presque», qui précède le terme de «dogmatique». Cela laisse un poil d’espoir à une relation normale entre les deux pays.