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salaheddine Mezouar et Ban Ki-moon

Salaheddine Mezouar et le SG. de l'ONU Ban Ki-moon.

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Pourquoi le Maroc a réagi vigoureusement contre Ban Ki-moon

Par Abdeladim Lyoussi le 16/03/2016 à 13h30 (mise à jour le 16/03/2016 à 13h44)

La vive réaction du Maroc aux propos du SG de l’ONU a été motivée par un dérapage de trop commis par Ban Ki-moon après sa rencontre, le 14 mars, avec le chef de la diplomatie marocaine. Eclairage.

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Le 14 mars, Ban Ki-moon recevait Salaheddine Mezouar, ministre des Affaires étrangères, au siège de l’ONU à New-York.

Tous les observateurs s’attendaient à ce que le SG de l’ONU s’explique sur les dérapages commis lors de sa récente visite en Algérie et aux camps de Tindouf et qui ont constitué un grave précédent.

 

Mais au lieu de fournir des explications au chef de la diplomatie marocaine, après une molle poignée de main et un accueil des plus froids, Ban Ki-moon a choisi de verser davantage d’huile sur le feu. S’il a dit avoir utilisé le mot «occupation» comme suite à une «réaction personnelle» aux conditions de vie des populations sahraouies à Tindouf (situation dont le Maroc est loin d’être le responsable), il s’est cru permis de «tancer» tout un peuple et son gouvernement, dans un communiqué diffusé le même jour.

 


Ban Ki-moon a signifié à Salaheddine Mezouar que les Marocains lui ont manqué de respect et manqué de respect à l’ONU, en allusion à la manifestation de Rabat où 3 millions de Marocains ont marché dans la rue pour dénoncer l’attitude partiale et résolument hostile à l’intégrité territoriale du royaume du SG de l’ONU.

 

A maintes reprises, le SG de l’ONU a utilisé les mots «profonde déception» et «colère» dans le communiqué qui a fait suite à sa rencontre avec Mezouar.

 

Le SG de l'ONU est allé encore plus loin en demandant des explications sur la présence de certains membres du gouvernement parmi les manifestants, dimanche dernier à Rabat.

 

Pour Ban Ki-moon, les manifestants et leurs «sponsors» ont «délibérément» choisi d’ignorer ses efforts et son engagement personnel pour trouver une issue au conflit.

 

C’est donc en personne qui veut «corriger» publiquement le Maroc que le SG de l’ONU s’est érigé dans ce communiqué au langage qui rompt avec les us et coutumes des diplomates. A mots à peine voilés, ce communiqué pointe du doigt la responsabilité des autorités dans cette Marche. Comme si les autorités pouvaient rassembler 3 millions de personnes!

 

Pire, Ban Ki-moon n’a pas eu un mot envers les sentiments des manifestants (hommes, femmes et enfants) qui ont marché contre lui. A ses yeux, ces personnes ont été «sponsorisées » pour sortir. Ce qui est indigne d’un responsable de ce rang qui choisi la fuite en avant au lieu de regarder en face le mal qu’il a fait.

 

Et ce n’est pas tout. Dans sa correction publique, Ban Ki-Moon s’étonne qu’un pays comme le Maroc (sans doute trop petit dans l’esprit du Coréen) puisse hausser le ton contre le SG de l’ONU. D’où la «déception» de ce responsable qui s’attendait peut-être à ce que les Marocains montrent patte blanche après qu’il a volontairement abandonné la neutralité à laquelle il est tenu et parlé «d’occupation», tout en brandissant les deux doigts, en signe du V de la victoire, en direction des séparatistes.  

 

Au lieu de jouer l’apaisement après la rencontre avec Mezouar, Ban Ki-moon a choisi la voie de l’escalade et de la persistance dans l’outrage au Maroc.

 

C’en était trop pour le royaume qui ne pouvait accepter ce qui ressemble bien à une manœuvre d’humiliation publique, orchestrée par le premier responsable des Nations Unies. D’où la réaction immédiate, via un communiqué très vigoureux. Le Maroc ne se laissera pas guider par le bout du nez et usera de tous les moyens pour défendre ses intérêts légitimes et son intégrité territoriale.

 

La question qui se pose maintenant: où va s’arrêter l’escalade? Ban Ki-Moon va-il comprendre qu’il ne peut pas y avoir de concession du Maroc pour le Sahara? Qu’adviendra-t-il après? Va-t-il continuer dans sa partialité criante dans son rapport sur le Sahara qu’il va présenter, le mois prochain, aux membres du Conseil de sécurité? Ce rapport peut-il modifier les équilibres? Des membres influents au Conseil de sécurité vont-ils intervenir pour empêcher que les choses ne dégénèrent davantage entre le SG et le Maroc?

 

En tout état de cause, force est de reconnaître que le SG de l’ONU s’est éliminé de tout rôle dans une solution au conflit du Sahara. Et qu’il laissera une bien piètre image de lui à la fin de son mandat.

 

Il convient aussi de garder à l’esprit que le Maroc organise la COP 22 au mois de novembre à Marrakech. Cet important rendez-vous mondial, organisé dans le cadre des Nations Unies, est inimaginable sans la présence du SG de l’ONU. On voit mal Ban Ki-moon se comporter à Marrakech comme s’il n’avait pas outragé le pays qui abrite l’évènement.