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Prix du carburant: le Parlement enquête sur les marges bénéficiaires des pétroliers

Par Mohammed Ould Boah le 20/06/2017 à 00h10

Kiosque360. Suite à la polémique sur les prix à la pompe, soulevée par le gouvernement qui juge exorbitantes les marges bénéficiaires des pétroliers, c’est au tour du Parlement de monter au créneau. Mais non sans un rappel à l’ordre des députés PJDistes qui tentaient de trop «politiser» ce dossier.

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La libéralisation (et l'indexation) des prix à la pompe des hydrocarbures, récemment entrée en vigueur au Maroc, n’a jusqu’ici pas profité aux consommateurs. Les sociétés distributrices, plutôt que d’instaurer une concurrence saine et loyale qui aurait «adouci» les prix du carburant, sont accusées d’avoir au contraire joué à l’«entente» cordiale en vue de gonfler leurs marges bénéficiaires.

 

Selon le quotidien Al Massae, dans son édition du mardi 20 juin, la Chambre des députés se prépare à mettre sur pied une commission d’enquête chargée de faire la lumière sur la réalité des prix adoptés par les pétroliers. Cette mission est d’autant plus nécessaire que le Conseil de la concurrence, seule institution habilitée à enquêter et à sanctionner éventuellement les dépassements dans ce secteur, est toujours au point mort.

 

C’est le groupe du Parti de la Justice et du Développement au sein de la Chambre des députés qui avait introduit la demande de mise sur pied de ladite commission parlementaire. Cette proposition a finalement reçu l’aval du président et des membres de la Commission des finances, qui planchent actuellement sur les modalités de cette enquête visant à dévoiler les «dessous» de la véritable structure des prix pratiqués par les différentes sociétés de distribution des hydrocarbures.

 


Selon Assabah, l’initiative des députés PJDistes intervient suite à la vive polémique créée par le député de la Lampe,  M’Hamed Khayi. Ce dernier a été recadré par Lahcen Daoudi, ministre des Affaires générales et de la gouvernance, pour avoir accusé un membre du gouvernement, Aziz Akhannouch pour ne pas le nommer, d’être derrière la «flambée des prix à la pompe».  C’est ce qui a amené le ministre islamiste à demander à son «frère» parlementaire de retirer ses accusations et d’éviter de «personnaliser» ou de politiser le débat.

 

Assabah rappelle que Daoudi a tenu une réunion, la semaine dernière, avec les professionnels du secteur de la distribution des produits pétroliers, en vue de s’enquérir des raisons de la cherté persistante des prix à la pompe, malgré la chute ou le maintien à un bas niveau du prix du baril de pétrole sur le marché international. Réunion qui fut finalement marquée par un dialogue de sourds, puisque Adil Ziady, président du Groupement des pétroliers du Maroc (GPM), s’est défendu en affirmant que le Maroc était l’un des pays les moins chers du pourtour méditerranéen. Il a aussi avancé que de très lourds investissements avaient été consentis par les sociétés membres du GPM, pour assurer une capacité maximale de stockage et une bonne qualité du produit.

 

Or, et c’est connu, quand les investissements sont répercutés sur le prix de vente, c’est le consommateur qui trinque. En effet, chaque mois, les prix à la pompe font un pas en arrière durant la première quinzaine, puis trois pas en avant durant la seconde avec, qui plus est, quasiment le même prix affiché dans toutes les stations-service.