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Conseil de sécurité de l'ONU.

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Sahara: l’Algérie tente de faire pression sur l’ONU à la veille d’un briefing du Conseil de sécurité

Par Mohammed Ould Boah le 07/04/2020 à 13h37 (mise à jour le 07/04/2020 à 14h10)

Le Conseil de sécurité prévoit un briefing sur le Sahara marocain ce jeudi 9 avril. Une réunion de routine que l’instance onusienne tient d’habitude ce mois-ci, et où il est attendu qu'elle réitère les grandes lignes de sa résolution 2494, du 31 octobre 2019. Une option qui horripile Alger.

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Alors que le monde entier concentre tous ses efforts sur la pandémie de Covid-19, qui le paralyse et qui fauche quotidiennement des milliers de vies humaines, l’Algérie, pourtant l’un des pays les plus durement frappés économiquement par le coronavirus, se concentre, elle, sur la médiatisation de sa position anti-marocaine. Ses supports officiels en font même une priorité. Au diable la gestion catastrophique de la pandémie du coronavirus par le pouvoir algérien. Pas le moindre mot sur les interminables files d’attente devant les supermarchés et épiceries, en vue de se procurer de la semoule, dans la ville sinistrée de Blida ou ailleurs dans le pays. Ni, ô paradoxe, la moindre référence aux embouteillages monstres devant les stations-service où les automobilistes algériens sont surpris de constater que leur pays –pourtant pétrolier– souffre d’une pénurie de carburant.

 

Plutôt que d’orienter, informer et sensibiliser les Algériens sur les dangers et les moyens à même de se prémunir contre le Covid-19, dans un pays où le taux de létalité due à la pandémie atteint un taux important, de l'ordre de 12,16%, soit l’un des taux les plus élevés du monde, l’agence de presse officielle algérienne, l'APS, continue de faire de l’atteinte à l’intégrité territoriale du Maroc sa fixation maladive.



Ainsi, après avoir activé, mardi dernier, un soi-disant «représentant du Polisario en Espagne» pour contester au Maroc le droit de publier dans son Bulletin officiel des lois adoptées par son gouvernement, votées par son parlement, et relatives à la délimitation souveraine de ses eaux territoriales, les autorités algériennes ont récidivé, pas plus tard qu'hier soir, 6 avril 2020, avec un autre pantin de leurs affidés, pompeusement qualifié par l’APS de «représentant du Front Polisario en Europe et dans l'Union européenne»! Le contexte de sa rhétorique s’explique par le briefing du Conseil de sécurité sur le Sahara, prévu dans deux jours, le jeudi 9 avril 2020. 

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Et que font dire les Algériens au dénommé Oubbi Bouchraya Bachir? Rien de moins que le retard accusé par la désignation du remplaçant de Horst Köhler «conduira vers un dérapage certain», et que cette absence d’envoyé spécial de l’ONU dans la région créerait «un climat favorable» au Maroc.

 

Il faut dire que le Polisario fait de la nomination d’un émissaire de l’ONU son cheval de bataille, non pour s’engager honnêtement dans des négociations sérieuses en vue d’aboutir rapidement à une solution politique durable, qui mettrait fin à ce conflit artificiel, qui n’a que trop duré, mais juste pour servir l’agenda algérien. En effet, les visites qu’effectue l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU dans les camps de Lahmada sont, d’une part, mises à profit par le Polisario pour faire croire aux «réfugiés» sahraouis, de plus en plus nombreux à contester sa légitimité, que cet envoyé onusien œuvre à mettre fin rapidement à leur interminable calvaire.

 

D’autre part, ces visites, bien qu’effectuées sur son propre territoire, où l'Algérie héberge, arme et finance le Polisario, permettent à Alger de donner l’illusion qu’elle n’est pas partie prenante dans ce dossier, qu’elle a, de fait, non seulement créé de toutes pièces, mais dont elle empêche également qu’une solution lui soit trouvée. La troisième raison qui explique l’insistance à nommer un nouvel envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU est le maintien de ce dossier dans l’agenda onusien.

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C’est dans ce sens que l’Algérie se lance à nouveau éperdument dans sa logorrhée habituelle, à la veille de la réunion du Conseil de sécurité. Elle tente ainsi de faire pression sur l’exécutif onusien, en dénonçant ce qu’elle appelle «le recul flagrant du rôle de l’ONU, à l’issue de la décision du Conseil de sécurité prise en octobre 2019» à travers la résolution 2494. Cette décision concerne, d’une part, «la prolongation du mandat de la MINURSO d’une année» au lieu d’un semestre comme le préfère l’Algérie. D’autre part, l’introduction par la résolution 2494 des notions de «réalisme» et «compromis» a relégué au second plan le principe de l’autodétermination sahraouie telle que l’entendent Alger et les adversaires du royaume.

 

Sauf que cette fois-ci, l’Algérie a été obligée de ranger dans ses tiroirs les menaces belliqueuses proférées ces derniers temps par Brahim Ghali, le chef du Polisario. Le «représentant du Polisario en Europe et auprès de l’Union européenne» ne parle plus désormais de la reprise des armes au cas où un envoyé spécial onusien n’est pas rapidement choisi, mais explique que le retard dans cette nomination peut conduire à un «dérapage certain».

 

Dérapage? Le seul dérapage certain est celui du pouvoir algérien qui continue à regarder du côté du Maroc, alors qu’une crise sans précédent menace d’implosion l’Algérie.