Sahara marocain: l’agitation de l’Afrique du Sud, un pays isolé, ne fait pas peur au Maroc, affirme Nasser Bourita

Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, Nasser Bourita, en conférence de presse, le 20 octobre 2022, au siège du ministère, à Rabat.

Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, Nasser Bourita, en conférence de presse, le 20 octobre 2022, au siège du ministère, à Rabat. . DR

Le 20/10/2022 à 19h34

VidéoL’adversité de l’Afrique du Sud à l’encontre de l’intégrité territoriale du Maroc ne fait pas peur aux Marocains, a déclaré, ce jeudi 20 octobre 2022 à Rabat, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, en réaction à l’accueil à Pretoria du chef des séparatistes à la solde de la junte militaire d’Alger.

Le ministre des Affaires étrangères s’adressait aux médias lors d’un point de presse tenu avec son homologue belge, Hadja Lahbib, en visite de travail au Maroc où elle a exprimé le soutien de son pays au plan d’autonomie comme «base pour une solution acceptée par les parties».

Evoquant l'accueil réservé au chef du Polisario en Afrique du Sud, Nasser Bourita a expliqué tout sereinement l’hostilité de ce pays à l’encontre du Maroc. «Ce que nous avons vu ces deux derniers jours à Pretoria n’est autre que du spectacle et du cinéma qui apportent quatre remarques. La première étant que ce n’est pas la première fois que ce pays prend des positions négatives et radicales contre le Royaume du Maroc et ce depuis 2005».

Deuxièmement, selon lui, ces positions reflètent «un déficit, une incapacité et non une puissance», car «l’Afrique du Sud, quand elle a reconnu en 2005 la chimérique entité en soutenant une milice armée, a estimé que le dossier allait changer et que l’Afrique et le monde allaient la suivre».

La réalité a été autre, apportant des échecs cinglants. Nasser Bourita a ainsi démontré que «Depuis 2005, 20 pays ont retiré leur reconnaissance (de la RASD, ndlr), dont 10 en Afrique, y compris 7 dans le voisinage de l’Afrique du Sud».

Or, ce pays a siégé au Conseil de sécurité de l’ONU en 2007, en 2011 et en 2019 en tant que membre non permanent, «sans pouvoir changer quoi que ce soit». Pour le ministre des Affaires étrangères, l’Afrique du Sud constate «aujourd’hui que la moitié des pays du continent, c’est-à-dire 23 pays, dont ceux de son voisinage, ont ouvert des consulats dans les Provinces du Sud».

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Et d’ajouter que «Pretoria constate par ailleurs que 90 pays dans le monde apportent leur soutien au plan d’autonomie présenté en 2007 par le Maroc». Sur cette liste, a-t-il observé, figurent 30 pays d’Afrique. Et le réquisitoire de Nasser Bourita n’était pas fini puisqu’il a rappelé que Pretoria a constaté également «que le Maroc a repris sa place au sein de l’Union africaine (UA); que le Maroc préside le Conseil africain Paix et sécurité et que l’UA prend de plus en plus des positions fructueuses à l’égard de la cause nationale».

Tout ce spectacle de Pretoria «démontre une faiblesse de l’Afrique du Sud à l’égard de la ferme position du Maroc au sujet de son intégrité territoriale». Nasser Bourita a enfoncé le clou en affirmant que «brandir un torchon ou étaler un tapis rouge ne modifient en rien le dossier, cela exprime au contraire une incapacité à produire un impact sur le dossier». «L’Afrique du Sud se positionne donc dans la partie fausse de l’Histoire».

Le processus à suivre dans cette affaire, a conseillé le ministre à l’Afrique du Sud, «c’est l’approche et la voie à suivre pour trouver une solution dans le cadre de l’ONU, une solution qui soit édifiée sur la légitimité internationale, une solution qui fait la distinction entre un Etat et une milice et entre un torchon et un drapeau. C’est cette attitude qui nous conduira à reconnaître un Etat crédible».

Et de souligner que «le Maroc continuera à se comporter vis à vis de ce genre de carnavals en cherchant à isoler l’Afrique du Sud». « Ce pays doit comprendre que, si en 2005 le nombre des pays qui ont retiré la reconnaissance (à la milice) était de 27 Etats, aujourd’hui le total s’élève à 37 et cela va augmenter». Le Maroc, a assuré le ministre, va «agir pour isoler la logique de Pretoria qui est hostile à la légitimité internationale, hostile à la solution et hostile aux efforts de l’ONU».

Parallèlement, selon lui, le Maroc continuera à «défendre ses intérêts et à user de tous les mécanismes dont il dispose car ce comportement porte atteinte aux relations bilatérales».

Nasser Bourita a en outre lancé une mise en garde: «nous n’admettrons pas que les compagnies sud-africaines gagnent de l’argent au Maroc en restant passives à l’égard du comportement de leur gouvernement à l’encontre du Royaume». Et de rappeler que les orientations du roi Mohammed VI, contenues dans son discours du 20 août 2022, constituent des «lunettes pour le Maroc», c’est-à-dire que le Maroc ne peut construire un partenariat économique bilatéral avec aucun pays sans le respect prioritaire de la marocanité de son Sahara.

«Le Maroc n’a pas été surpris par ce qui vient de se passer à Pretoria. Il y est habitué, car ces attitudes n’ont aucune influence, ni sur le dossier marocain, ni sur son processus, ni sur son développement positif».

En conclusion, le ministre a salué la position de la Belgique qui vient d’apporter son soutien au plan d’autonomie. «L’agitation de l’Afrique du Sud ne nous fait pas peur», a-t-il conclu.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Brahim Moussaaid
Le 20/10/2022 à 19h34