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 Ramtane Lamamra, le plus marocophobe des diplomates algériens.

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Sahara marocain: Ramtane Lamamra se livre à un numéro de pharisaïsme lors de sa prise de fonctions

Par Mohammed Ould Boah le 09/07/2021 à 18h46 (mise à jour le 09/07/2021 à 21h23)

Ramtane Lamamra a présenté ce qui semble être la feuille de route qu’il compte déployer à la tête de la diplomatie algérienne, où il vient de remplacer son protégé, Sabri Boukadoum. Il a ainsi évoqué le dossier du Sahara, faisant semblant de déplorer un obstacle à l’intégration maghrébine.

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«Les engagements de l'Algérie sont connus de tous. Nous poursuivrons notre action dans la région à laquelle nous appartenons et qui ne se porte pas aussi bien que nous le souhaitons, une région qui avance à pas sûrs vers l'unité et l'intégration.

 

Mais les conflits existants, en l'occurrence celui du Sahara occidental et la crise libyenne, influent sur l'action d'unification des rangs et le bond vers l'intégration et l'unité escomptées». C’est en ces termes que le «nouveau-ancien» ministre des Affaire étrangères algérien, Ramtane Lamamra, a annoncé la couleur lors de sa prise de fonctions, ce hier soir, jeudi 8 juillet 2021.

 

Lamamra ne pouvait bien entendu s’exprimer lors de cette première prise de parole après son come-back, sans évoquer le premier sujet de politique intérieure et extérieure de la junte, qui l’a rappelé. Il a donc cru opportun de lancer quelques trémolos, en faisant semblant d’ignorer que c’est le régime militaire algérien qui alimente le différend du Sahara et qui empêche, de facto, une unité du Maghreb, devenue un épouvantail pour la propagande du pouvoir.

 

Car si unité du Maghreb il y a, la première chose que le peuple algérien va constater, c'est bien l’écart entre un pays riche en ressources fossiles, qui peine à alimenter les gens en eau potable, et un voisin de l’Ouest qui a rejoint le peloton des pays émergents. La comparaison ne peut qu'être cruelle pour la junte au pouvoir.

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Ramtane Lamamra n’a pas manqué de stigmatiser indirectement son prédécesseur qui aurait commis le péché d’omettre «l'action proactive dans la politique étrangère». C’est là un constat cinglant de la faillite de la diplomatie algérienne, dont la propagande du régime chantait, voici à peine une semaine, des succès chimériques. Mais ce que fait semblant encore une fois d’ignorer Lamamra, c’est que ce n’est pas seulement la diplomatie qui est prisonnière de schèmes, datant de la guerre froide.

 

C’est tout le système, sur lequel repose le pouvoir algérien, qui est paralysé dans des archétypes et des grilles de lectures, installés par Boumédiène et le clan d’Oujda. Le pouvoir algérien ne survit que parce qu’il réussit à tuer dans l’œuf toute tentative de proactivité.

 

Néanmoins, Ramtane Lamamra semble persuadé que dossier du Sahara a pris une tournure décisive et irréversible sur laquelle la diplomatie algérienne n’a plus la moindre prise. Cette tournure relève de ce qu’il a défini comme étant des «changements imprévisibles aux niveaux national et international».

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Lamamra fait ainsi une référence indirecte à la reconnaissance de la marocanité du Sahara par l’administration américaine. Mais aussi au fait que cette reconnaissance a été réaffirmée par les dizaines de pays qui y ont ouvert des consulats, ainsi qu'à la sécurisation des frontières maroco-mauritaniennes et du trafic commercial routier transitant par le passage d’El Guerguerat.

 

Tout cela est révélateur du sentiment de résignation et d’impuissance de celui que les Algériens considèrent comme étant leur meilleur diplomate.

 

«Ce n'est point en fomentant des crises, en œuvrant à leur aggravation ou en imposant le fait accompli qu'on marque l'Histoire, mais plutôt en faisant preuve de clairvoyance, d'intelligence et de sens de responsabilité, autant de facteurs qui devraient sous-tendre l'action de toutes les parties dans notre région aux fins de créer un climat favorable à même d'assurer un avenir meilleur à tous les peuples sans exclusive aucune», a-t-il encore affirmé, en parlant, sans le citer, du Sahara marocain.

 

Autant dire que la diplomatie «proactive», que prône Lamamra, ne sera que celle de la supplication. Bien trop tard.