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Des membres des Forces spéciales des FAR lors de précédentes manoeuvres.

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Sahara. Voici pourquoi la mort d’un haut gradé militaire du Polisario est un coup dur pour les séparatistes et Alger

Par Mohammed Boudarham le 08/04/2021 à 15h38 (mise à jour le 08/04/2021 à 15h49)

Selon la direction du Polisario, un haut gradé de l’armée des séparatistes, portant le nom de Addah Al-Bendir, a succombé suite à la frappe d’un drone marocain alors qu’il dirigeait une attaque contre les FAR. Le décès de ce séparatiste provoque la confusion à Rabouni et tétanise à Alger. Voici pourquoi.

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Aucune source marocaine n’a voulu confirmer l’information. Mais à l’est du mur de défense, c’est la désolation et le deuil. Même l’agence officielle du Polisario a consacré, hier dans la nuit, quelques lignes au «martyr» Addah Al-Bendir, avant de supprimer le communiqué.

 

Les sites et les influenceurs séparatistes sur les réseaux sociaux déplorent la perte d’un des officiers les plus importants dans l’armée du Polisario.

 

Formé par l’Algérie pour tuer des Marocains, Addah Al-Bendir est diplômé de l’académie militaire de Cherchell (ouest d’Alger), la principale pépinière d’officiers de l’armée algérienne, mais aussi des chefs du Polisario. Les sites séparatistes louent cet homme et le présentent comme l’un des meilleurs experts du Polisario en ingénierie militaire. Il avait justement pour mission de trouver une faille dans le mur de défense et de permettre aux éléments armés de le percer. Mal lui en a pris, puisqu’il a été neutralisé, mardi 6 avril, en même temps que les éléments armés qui l’accompagnaient.

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Le lieu de la frappe du drone n’est pas encore précisé. Nombre de sources parlent de Tifariti, dans la zone tampon, mais une dépêche de l’AFP parle aussi de «Touizgui dans le sud du Maroc». Cette localité se trouve au nord d’Assa-Zag et pour y accéder, il faut passer par l’Algérie. Si cette information se révélait vraie, elle serait particulièrement grave, puisque cela signifierait que l’Algérie autorise les soldats du Polisario à entrer au Maroc à partir du territoire algérien.

 

En tout cas, à la lecture de la presse algérienne, proche du régime, c’est la stupeur qui domine. Le drone utilisé pour neutraliser les éléments du Polisario qui ont attaqué les défenses marocaines est vite identifié comme israélien. D’autres médias parlent carrément d’une frappe opérée par des soldats israéliens. Pointer un doigt accusateur sur Israël cache mal la stupeur des généraux algériens devant l’efficacité de la frappe et la nature de l’arme utilisée.

 

Contacté par Le360, un haut officier marocain à la retraite, qui a requis l’anonymat, explique «que la formation de pilotes de drones nécessite plusieurs années. Le Maroc a fait le choix de la technologie et du renseignement depuis longtemps, en vue de moderniser son armée». Et d’ajouter : «que certains soient surpris par cette frappe, cela ne m’étonne guère. Car il y a une grande différence entre une armée professionnelle, muette, qui s’occupe de la défense des frontières et une armée qui fait de la politique et enchaîne les shows médiatiques avec zéro risque de riposte».

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Le Royaume du Maroc est attaché à la paix, mais il ripostera de façon ferme contre toutes les parties qui essaieront de violer ses frontières.

 

Le roi Mohammed VI l’a d’ailleurs très bien expliqué à Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, lors d’un entretien téléphonique, suite à l’intervention des FAR le 13 novembre 2021, à El Gueguerate pour déloger des éléments du Polisario. «Sa Majesté le Roi a réaffirmé à M. Guterres l’attachement constant du Maroc au cessez-le-feu. Avec la même force, le Royaume demeure fermement déterminé à réagir, avec la plus grande sévérité, et dans le cadre de la légitime défense, contre toute menace à sa sécurité et à la quiétude de ses citoyens», affirmait le Souverain au secrétaire général de l’ONU, le 16 novembre 2020. Tout est dit.