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Brahim Ghali - Le juge d'instruction espagnol Santiago Pedraz Gomez -

Le juge d'instruction espagnol Santiago Pedraz Gomez et le chef des séparatistes Brahim Ghali.

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Son identification, avant interrogatoires, est enclenchée en Espagne: le début de la fin de Brahim Ghali?

Par Youssef Bellarbi le 04/05/2021 à 13h54

Le juge d’instruction auprès de l’Audiencia Nacional, Santiago Pedraz Gomez, a demandé une identification préalable de Brahim Ghali, le chef du Polisario hospitalisé en Espagne sous une fausse identité, avant de procéder aux interrogatoires. Brahim Ghali est notamment accusé de «enlèvement, séquestration et torture»…par des dirigeants séparatistes.

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Il devrait être interrogé dès ce mercredi 5 mai par Santiago Pedraz Gomez, juge d’instruction après de l’Audiencia Nacional, la plus haute juridiction pénale d' Espagne. Une ordonnance dans ce sens a même été émise. Mais en attendant, c’est son identification précise que ce magistrat a demandé ce mardi 3 mai 2021, nous apprend EFE, l'agence de presse espagnole. Objectif: vérifier que qu'il s'agit bien du chef des séparatistes du Polisario qui a été admis à hôpital San Pedro à Logroño sous une fausse identité, celle de Mohamed Benbatouche. Autant dire que la machine judiciaire est enclenchée.

 

Cette procédure d’identification, et les interrogatoires attendus, font suite à une plainte déposée par El Fadel Breika, un membre dissident de la bande séparatiste, grande figure de la contestation contre le Polisario, contre Brahim Ghali. Cette plainte l'est au même titre que celle d’autres dirigeants du Polisario et pour des faits similaires d'«enlèvement, séquestration et torture». Sur la seule affaire concernant El Fadel Breika, le séparatiste-en-chef fait l’objet de cinq motifs de poursuites.

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Admis en Espagne au nom de considérations «humanitaires», selon les autorités espagnoles, Brahim Ghali y a été hospitalisé après avoir contracté le Covid-19. Son état de santé s’améliorant, d’après les communiqués en série du front Polisario, il n’y a donc aucune raison pour qu’il ne se présente pas devant la Justice espagnole.

 

Membre de l’Initiative sahraouie pour le changement, le dissident au front polisario El Fadel Breika a, d’après ses dire, été emprisonné et torturé sur ordre de Brahim Ghali pour avoir simplement exprimé des opinions dissonantes avec la nomenclature du front. Arrêté et placé dans les camps de la honte le 18 juin 2019, il affirme avoir été mis à l'isolement dans des conditions inhumaines et avoir été, tout au long de sa période de détention, roué de coups, avoir reçu des décharges électriques, et avoir été contraint à garder les yeux bandés, ainsi que les mains et les pieds attachés. Ce n’est qu'après avoir entamé une grève de la faim qu’il a été libéré, le 10 octobre 2019. Toutefois, même libre, il assure avoir là aussi fait l’objet de menaces et de tentatives d’intimidation de la part d’agents du Polisario, pour cesser ses dépôts en justice.

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Documents à l’appui, il accuse également de nombreux dirigeants du Polisario, porteurs de passeports espagnols, de s’être livrés à des exactions dans les camps de Tindouf. Son recours a d’abord été rejeté en octobre 2020, mais il a fait appel et a finalement obtenu gain de cause.

 

Selon d’autres sources en Espagne, cette première décision d'un juge, détenteur du pouvoir judiciaire en Espagne, devrait aussi ouvrir la voie à la justice espagnole pour interroger Brahim Ghali sur d’autres plaintes de ses victimes, qui se comptent par dizaines.

 

Rappelons que le chef des séparatistes est poursuivi, entre autres, par l’Association sahraouie de défense des droits de l’Homme (Asadeh) et par l’Association canarienne des victimes du terrorisme (Acavite). 

 

Brahim Ghali fait aussi l’objet de poursuites à titre individuel. C’est ainsi le cas de Khadijatou Mahmoud, une jeune Sahraouie qui l'accuse de l'avoir violée en 2010, au siège de «l’ambassade» de la RASD, à Alger.