Tindouf. Droits de l’Homme: retour de manivelle pour "le Front du Mal" | www.le360.ma

ع
Brahim Ghali

Brahim Ghali.

© Copyright : dr

Tindouf. Droits de l’Homme: retour de manivelle pour "le Front du Mal"

Par M'Hamed Hamrouch le 14/08/2019 à 12h59 (mise à jour le 14/08/2019 à 13h23)

L’affaire des trois opposants à la direction du front polisario, arrêtés et incarcérés depuis juin dernier, continue de susciter des réactions internationales tout aussi indignées les unes que les autres. Décryptage.

aA

Le polisario qui a instrumentalisé à fond la carte des Droits de l’Homme contre le Maroc, se trouve actuellement dans l’oeil d'un  cyclone médiatico-associatif international peu  ordinaire.

 

Rarement le front séparatiste à la botte d'Alger n’aura en effet été autant vilipendé et montré du doigt comme il l’a été depuis le mois juin dernier, quand ses nervis armés, sur instructions des officiers du renseignement militaire algérien, ont procédé à l’enlèvement et à l’incarcération de trois opposants à la direction de Rabouni, Moulay Abba Bouzid et Fadel Mohamed Breïka, membres du mouvement dissident «Initiative sahraouie pour le changement», et du jeune activiste Mahmoud Zeidane, fondateur du "Forum des jeunes sahraouis pour une solution", celui-là très connu pour ses critiques acerbes envers la direction du polisario, comme en témoignaient ses posts au vitriol sur sa page Facebook.

 

La preuve de ce retentissant retour de manivelle pour le front «de la Honte», est le communiqué-décapant de Human Rights Watch, diffusé le 16 juillet dernier. Dans ce communiqué-brûlot, l’ONG américaine de défense des droits de l’Homme qui évoquait le cas des trois détenus d’opinion précités, a mis le front «du Mal» face à ses retentissantes contradictions.

 

Sommé de s’expliquer dernièrement sur la détention arbitraire des trois opposants, leur mise sous interrogatoire "les yeux bandés"!, sans compter leur mise à la torture pour leur arracher des aveux écrits et passibles de l’emprisonnement à vie, le «représentant du polisario à  l’ONU», le dénommé Sidi Mohamed Ammar, avait clairement contredit la version officielle exprimée par ses maîtres à Tindouf, en indiquant que parmi les accusations retenues contre les victimes, figuraient «la trahison à la nation» (vous avez dit "Nation"?), «des actes hostiles à l’état sahraoui» (quel "état sahraoui")?!, au lieu des accusations de «diffamation» et d’«incitation à la désobéissance», avancées par ledit «ministère de la justice».

 

Diapo. Sit-in de solidarité avec les blogueurs enlevés à Tindouf: "l'opinion n'est pas un délit"


De telles contradictions criantes ont récemment amené un site de propagande pro-séparatiste à déplorer «une absence pathétique de coordination» entre les dirigeants du polisario.

 

Cet état en dit long sur le cafouillage desdits dirigeants séparatistes, qui n’auraient peut-être pas cru un jour pouvoir se retrouver au coeur d’un violent séisme politico-médiatique, dont les répliques sont parvenues jusqu'aux rivages de l'Amérique Latine, où même un député mexicain, pourtant réputé «ami de la «rasd», s'en est pris avec virulence à la direction du polisario, qu'il a outrepassée pour s'adresser directement à Alger et lui demander de relâcher les trois détenus d’opinion.

 

Tindouf. Enlèvement de trois opposants au polisario: la main (cachée) des services algériens 

 

Et ce n’est pas tout. Aujourd’hui même, un communiqué incendiaire est diffusé par «le Conseil péruvien de solidarité avec le peuple sahraoui».

 

Dans ce communiqué, publié dans le colonnes du quotidien péruvien «La Razon», le président de ce Conseil, Ricardo Sanchez Serra, dénonce ouvertement «la tyrannie» des dirigeants du polisario, tout en exigeant la libération «immédiate» des trois détenus d’opinion, «victimes de harcèlement et d’intimidation, au même titre que leurs proches, pour signer des aveux écrits».

 

Sahara: HRW demande à l’Algérie de «garantir le respect des droits humains dans les camps»

 

Rappelant le récent communiqué de Lama Fakih, directrice adjointe de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch, où cette dernière avait demandé au gouvernement algérien "de ne pas laisser à la charge d'autrui la protection des droits de l'homme sur son territoire et à ne pas fermer les yeux au cas où le Polisario les violerait», le Conseil péruvien a averti contre toute nouveau dérapage de la part du front séparatiste à l’encontre des victimes, «injustement accusés d'actes criminels" et de "trahison" et qui encourent de graves condamnations pouvant aller jusqu'à la peine de mort».