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Vaccin anti-Covid-19: des dizaines d'ONG saisissent le Parlement

Par Hassan Benadad le 21/07/2020 à 20h20 (mise à jour le 22/07/2020 à 14h56)

Kiosque360. Des acteurs de la société civile demandent au Parlement de modifier la loi sur la propriété industrielle afin de protéger la souveraineté du Royaume en matière de médicaments. Face au nationalisme sanitaire créé par le Covid-19, le Maroc doit encourager la production des génériques.

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Plusieurs associations de la société civile ont demandé au Parlement de prendre d’urgence les dispositions législatives nécessaires afin de dépasser les obstacles juridiques qui empêchent les vaccins et les traitements du coronavirus de parvenir aux Marocains à des prix abordables. Cette initiative des acteurs civils survient après l’annonce faite par l’OMS, lundi dernier, sur les avancées réalisées dans la production de vaccins contre cette pandémie. Dans une requête adressée au Parlement, ce groupement de 44 organisations réclame l’amendement de la loi 23-23 qui modifie et complète la loi 97-17 relative à la propriété industrielle.
 

Un texte jugé par des experts comme étant «très restrictif et allant à l’encontre de la production nationale des médicaments génériques». Le membre fondateur de la Coalition internationale de préparation au traitement au Moyen-Orient (ITPC-Mena), Othman Mellouk, va dans le même sens en déclarant que «cette loi a été taillée sur mesure pour les sociétés multinationales avides de gains. Chose qui ne favorise pas la production nationale, capable pourtant de garantir l’autosuffisance en matière de médicaments et autres produits de santé».
 

Dans son édition du mercredi 22 juillet, le quotidien Al Ahdath Al Maghribia rapporte que, pour protéger la souveraineté du royaume en matière de médicaments, lesdites associations ont proposé aux parlementaires de suivre trois étapes. Il faut, expliquent-elles, procéder à l’amendement de la loi précitée, créer une commission nationale chargée de veiller à l’application des autorisations obligatoires et, enfin, préparer une révision des lois régissant la propriété intellectuelle et le secteur des médicaments. La requête met, par ailleurs, en garde contre l’apparition d’un «nationalisme sanitaire» traduit par une rude concurrence et un contrôle transcontinental des produits de santé depuis la propagation du coronavirus.
 

Le même document donne comme exemple la décision des Etats-Unis d’acquérir la totalité du stock mondial des comprimés de Remdesivir pour les trois prochains mois. Ces indicateurs, poursuit la requête, devraient pousser les pouvoirs publics à consolider et à soutenir la production pharmaceutique nationale, car le Maroc ne pourra pas concurrencer les grandes puissances et lutter contre les connivences entre les laboratoires. C’est pour se protéger contre ces ententes illicites, ajoutent les mêmes acteurs civils, que beaucoup de Parlements de par le monde ont procédé aux amendements nécessaires de leurs lois relatives à la propriété intellectuelle. Du coup, ils ont pris des mesures d’urgence pour préparer un cadre juridique approprié afin d’utiliser plus de médicaments génériques à des prix abordables, pour tout vaccin ou traitement contre le Covid-19.