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cover vidéo L’architecture de l’Executif, les priorités et l’opposition vus par un politologue
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Vidéo. Futur gouvernement Akhannouch: un politologue décrypte l'architecture du nouvel Exécutif

Par Chakir Alaoui et Mohammed Boukouyane le 26/09/2021 à 10h55 (mise à jour le 26/09/2021 à 11h01)

Aziz Akhannouch, qui s'appuie sur une majorité gouvernementale cohérente au référentiel politique libérale (RNI, PAM, Istiqlal), se trouve actuellement dans la phase de finalisation de l'architecture du futur gouvernement, estime le politologue Adnane Debbarh dans un entretien avec Le360.

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"L'annonce de la composition de ce gouvernement, qui se situe au niveau du centre avec un référentiel commun, sera faite dans quelques jours", probablement la semaine prochaine, a affirmé l’essayiste Adnane Debbarh. Mais, avant d'aborder l'ossature de l'Exécutif, le chercheur s'est arrêté sur les aspects de ce référentiel dont le nouveau modèle de développement constituera un facteur commun de la politique gouvernementale.

 

"Les trois partis ont quelques accointances idéologiques et c'est une bonne chose. Et je pense que cela dégagerait une majorité qui va travailler ensemble avec un référentiel commun et une majorité qui fédère ses efforts". Il explique qu'elle va pouvoir "maîtriser toute l'administration territoriale et gérer les administrations territoriales des douze régions". C'est un exécutif qui est "en connivence avec l'administration territoriale c’est-à-dire avec les régions et les communes ce qui donnera beaucoup de dynamisme à toute la politique de l'Etat".

 

Dans son approche, le chercheur évoque également le fait que les trois partis politiques ont chacun leur histoire. "Il y a deux partis qui ont une expérience gouvernementale, le parti de l'Istiqlal et le RNI et un nouveau parti (PAM) qui n'a pas d'expérience gouvernementale", a-t-il expliqué. "Il est probable que dans l'architecture du gouvernement, cet élément sera pris en compte dans la mesure où celui qui n'a pas beaucoup d'expérience ne peut pas hériter de portefeuilles qui exigent un historique et une capitalisation sur des expériences passées", a-t-il estimé.

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Adnane Debbarh évoque une architecture du prochain gouvernement qui se présenterait comme suit. Le RNI, en appuyant le nouveau modèle de développement, a montré un intérêt pour le secteur de la santé, de l'enseignement et l’emploi. Donc trois secteurs importants pour lui dans le nouveau modèle de développement et qui seront ajoutés aux secteurs productifs qu'il gère déjà, c’est-à-dire l’agriculture, l'industrie et le tourisme. Des secteurs qui contribuent à l'emploi et à la richesse nationale. D'après lui, la logique veut que le RNI hérite de ces postes "puisqu'il a un programme, il y a un historique".

 

"N'oubliez pas que ce parti a donné un gage pour réaliser un million d'emplois en 5 ans". Et le politologue d'ajouter que le 2e parti, l’Istiqlal, a de l’expérience et a présenté, pour le nouveau modèle de développement, trois actions tournant autour de cinq secteurs: l'équipement, l'énergie, l'économie sociale, le secteur du développement numérique. "J'ai appris que l'Istiqlal vise le poste de président de la Chambre des représentants en la personne de Nizar Baraka", a poursuivi Debbarh.

 

Reste alors "le PAM qui héritera probablement des portefeuilles de la justice et des droits de l'homme, de la culture, de la jeunesse et des sports ainsi que les relations avec le Parlement, c’est-à-dire des portefeuilles avec lesquels il pourra s'entraîner à la pratique gouvernementale.

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A propos des promesses électorales, le politologue a mis le doigt sur un point important en appelant les partis politiques vainqueurs à "les exécuter". "Pour cela, il faut mobiliser les financements", en n'oubliant pas que "l'électeur marocain est devenu très matériel et très exigeant".

 

D'autre part, l'expert a accordé une part de son analyse au futur rôle de l'opposition. "Il faut, a-t-il dit, qu'elle réorganise sa mutation, qu'elle ait une vision politique et qu'elle soit pragmatique, sachant qu'elle a, elle aussi, adapté le nouveau plan de développement".

 

Quant à la question de savoir si le champs politique marocain s'acheminerait vers la bipolarisation, le politologue estime que celle-ci ne peut être possible qu'à travers "une production de l'électoral". "Nous avons 32 partis politiques et l'électeur en a choisi trois. C'est l'électeur, a-t-il conclu, qui fait la bipolarisation politique et il faut le féliciter d'avoir choisi la cohérence des trois partis politiques libéraux de droite".