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Coronavirus: 50% de Marocains pourraient être infectés après 100 jours de déconfinement, prévient le HCP (Document)

Par Ayoub Khattabi le 16/05/2020 à 16h33

Dans une étude publiée ce samedi 16 mai, le Haut-Commissariat au Plan (HCP) évalue trois scénarios de déconfinement. L’hypothèse la plus basse, où l’on protégerait les personnes vulnérables pendant 100 jours, pourrait limiter à 18.720 le nombre de cas infectés.

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Intitulée "Pandémie covid-19 dans le contexte national: Situation et scénarios", l'étude du HCP livre trois scénarios de déconfinement.

 

Principal enseignement à retenir de cet exercice de modélisation mené par les experts du HCP, c’est que le respect des mesures sanitaires (distanciation physique, gestes barrières, port de masques) sera décisif. A défaut de cette discipline individuelle, la pandémie pourrait, en moins de 100 jours, comme l’estime l’un des scénarios de déconfinement les plus plausibles, multiplier par 8 le nombre de personnes touchées par l’infection, doubler les besoins de lits de réanimation et mettre en échec la politique nationale d’hospitalisation des cas actifs.

 

 

Scénario de déconfinement "généralisé"

 

Ce scénario envisage le déconfinement de l’ensemble de la population âgée de moins de 65 ans, non atteinte de maladie chronique (soit 27,5 millions de personnes). Ce scénario suppose un nombre 2.000 cas infectés actifs au moment du déconfinement.

 

Une fois cette population déconfinée, le nombre de contacts par jour augmente d’une amplitude estimée, via le modèle mis en place, de +64%, ce qui situerait le R0 (taux de reproduction) à 1,248 en supposant le maintien des mesures d’autoprotection.

 

Une simulation sur cette base aboutirait à l’infection de 8% de la population en 100 jours.

 

Le système sanitaire serait submergé en 62 jours avec seulement un taux d’hospitalisation de 10% des cas actifs.

 

En cas de non-application de mesures d’autoprotection, on aboutirait après 100 jours à un nombre d’infectés cumulés qui approcherait les 50% de la population. Le système sanitaire serait submergé en 28 jours avec seulement un taux d’hospitalisation de 10% des cas actifs.

 

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Scénario de déconfinement "large"

 

Ce scénario de déconfinement de la population active occupée âgée de moins de 65 ans et de la population âgée de moins de 15 ans, non atteinte de maladie chronique (16,7 millions de personnes) a pour objectif d’ouvrir l’économie avec en même temps un retour progressif des activités sociales. Ce scénario suppose également un nombre de 2.000 cas infectés actifs au moment du déconfinement. 


Ce déconfinement augmenterait le nombre de contacts par jour des sujets infectés de 24% et par conséquent accroitrait le nombre d’infections portant le R0 à 0,94 dans le cas du maintien des mesures d’autoprotection.

 

La simulation donnerait dans cette situation 31.663 cas confirmés positifs en 100 jours avec un pic de 3.200 cas infectés actifs. Ce qui se traduirait par un besoin maximal de 3.200 lits d’hospitalisation (100% d’hospitalisation), de 160 lits de réanimation (5% des infectés actifs) et aboutirait à 1.266 décès (4% des infectés cumulés).

 

Une variante de ce scénario sans application des mesures d’autoprotection aboutirait après 100 jours, à un nombre d’infectés cumulés qui monterait à plus de 844.000 cas. Avec ces chiffres la capacité nationale de réanimation serait submergée en 50 jours. En 100 jours, le système sanitaire ne pourrait accepter en hospitalisation que 7% des infectés actifs.

 


Scénario de déconfinement "restreint"

 

Ce scénario suppose le déconfinement de la population engagée dans l’économie représentée ici par la population active occupée, âgée de moins de 65 ans et non atteinte de maladie chronique (7,9 millions de personnes). Il a pour objectif d’ouvrir l’économie sans compromettre la population qui présente un  risque élevé de développer des complications vis-à-vis de cette maladie. Ce scénario suppose 2.000 cas infectés actifs au moment du déconfinement.

 

Dans ce cas de figure, le nombre de contacts par jour des sujets infectés augmenterait de 13% avec un R0 de 0,864 et par conséquent accroitrait le nombre d’infections.

 

Ce scénario aboutirait à un niveau de 18.720 cas confirmés positifs cumulés en 100 jours avec un pic de 3.200 cas infectés actifs. Ce qui engendrerait un besoin maximal de 3.200 lits d’hospitalisation (100% d’hospitalisation des infectés actifs), et de 160 lits de réanimation (5% des infectés actifs) et arriverait à 748 décès (4% des infectés cumulés).

 

Une variante de ce scénario sans application des mesures d’autoprotection donnerait après 100 jours, un nombre d’infectés cumulés qui monterait à plus de 155.920 cas.

 

Dans ce cas de figure, en se basant sur la capacité nationale en termes de lits d’hôpital (7.765) et de réanimation (854), il est ainsi estimé que la stratégie nationale d’hospitaliser 100% des cas infectés actifs atteindrait ses limites en 75 jours.
 

 

 

 

 

 

 

 

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