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Cybercriminalité: Les réseaux sociaux, viviers du terrorisme?

Par Bouthaina Azami (Twitter) le 12/12/2014 à 23h15 (mise à jour le 13/12/2014 à 06h48)

Kiosque360. Les terroristes se servent des réseaux sociaux pour diffuser leurs idéologies et recruter adeptes et combattants. Le chef des renseignements britanniques s'inquiète de la situation et appelle les réseaux sociaux à coopérer. Or, les géants du web ne l'entendent pas de cette oreille.

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Les réseaux sociaux créent actuellement la polémique, bien que ce ne soit pas la première fois qu’on les voit accusés de servir de plateforme aux réseaux terroristes et criminels. Outils de propagande, voire de recrutement de djihadistes en Syrie ou en Irak, les réseaux sociaux sont, depuis bien deux ans, régulièrement pointés du doigt. Et à raison, manifestement, puisque ces réseaux eux-mêmes livrent, comme l’a relevé le 20minutes.fr en octobre, un véritable «djihad médiatique» pour tenter le barrer le passage à ces infiltrations terroristes. Aujourd’hui, ce ne sont plus seulement les internautes et les médias qui viennent dénoncer ces dérapages difficilement contrôlables. En effet, rapporte Libération dans son édition de ce samedi 13 décembre, le gouvernement britannique, inquiet du phénomène, a réagi pour dire «tout haut ce que les autres pensent tout bas: les réseaux sociaux devraient coopérer avec les services de renseignements compétents pour obstruer les actions des milieux terroristes hébergés chez eux!»

 

Anonymat et pseudonymie: des obstacles au contrôle du «virtuel»

Alors que les réseaux sociaux représentaient un fascinant espace libre d’échange et de dialogue défiant toute forme de frontière, voilà que se pose donc la question du contrôle d’un moyen de communication révolutionnaire mais avéré dangereux. Or, relève Libération, le contrôle des réseaux sociaux est compliqué par le recours à «l’anonymat et la pseudonymie (…), les discours codifiés, les mots de passe et les mots d’ordre à moitié dévoilés» qui servent les desseins des groupes criminels en leur facilitant la tâche. Le «prix à payer» à cette révolution médiatique dont certains gouvernements, notamment le gouvernement britannique,  sont bien décidés à endiguer l’instrumentalisation idéologique et les débordements pervers dont il sont depuis longtemps le vivier, notamment en matière d’atteinte à l’enfance. Le chef des renseignements britanniques, Robert Hannigan, a ainsi souligné que les réseaux sociaux "hébergent de plus en plus de contenus à caractère violent, extrémiste, concernant l’exploitation sexuelle d’enfants, mais ouvrent aussi la voie à la facilitation du terrorisme (...). Ils sont devenus les réseaux préférés des terroristes et des criminels qui les utilisent comme leurs postes de commandement et de contrôle."

 

Intimité versus sécurité

Le 12 octobre 2014, Leon Panetta, secrétaire d'Etat américain à la Défense, avait, avant les autorités britanniques, dénoncé la recrudescence des cybermenaces. Cependant, le seul moyen de démanteler ses groupes terroristes est la facilitation de l’accès aux données privées sur les réseaux sociaux, ce qui pose donc la question du droit à l’intimité et à la préservation de la vie privée. Et les réseaux pointés du doigt, à savoir, notamment, Twitter, Google et, surtout, Facebook, ne manqueront certes pas de se servir de cet argument pour protéger leurs empires. Un argument de poids à une époque où les concepts de "démocratie" et de "liberté d'expression", allègrement galvaudés, semblent par trop souvent servir de bouclier à ceux-mêmes qui bafouent les principes à leur fondement.