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Du confinement aux clusters, la longue lutte contre le Covid-19

Par Amyne Asmlal le 14/08/2020 à 20h49

Kiosque360. Le nombre de contaminations a atteint des proportions alarmantes. Le système de santé est dépassé, le ministère de tutelle multiplie l'ouverture de nouvelles unités de soins. Les autorités locales, de leur côté, verrouillent des quartiers entiers. La lutte continue.

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De nombreux quartiers dans plusieurs villes sont entièrement bouclés. La présence massive des forces de l'ordre dans ces lieux n'est pas sans rappeler la période du confinement. Sauf qu’aujourd’hui, le nombre de personnes contaminées se compte non plus en dizaines, mais en centaines.

 

Depuis le début de la deuxième étape du déconfinement, le 24 juin, la situation épidémiologique de notre pays a complètement changé, relève le quotidien Al Ahdath Al Maghrebia dans son édition du week-end des 15 et 16 août. L'indice de propagation du virus ne cesse d'évoluer et le gouvernement n'arrête pas de tirer la sonnette d'alarme, affirmant à chaque fois que la situation est «inquiétante».


D'après le quotidien, le 19 juillet aura été une date marquante. Le nombre de cas a subitement explosé et le ministère de la Santé qui assurait que la situation était sous contrôle, a changé de ton, exprimant ouvertement son inquiétude quant à l'évolution de la pandémie dans notre pays. Le ministère avait même laissé entendre que si la situation se dégradait encore, elle deviendrait vite incontrôlable. Depuis deux semaines, note le quotidien, tous les indicateurs ont viré brusquement au rouge. Le nombre de cas a atteint des niveaux inquiétants, le nombre des cas graves et critiques explose, celui des personnes sous respiration artificielle ne cesse d'augmenter alors que le nombre de décès enregistre un record tous les jours. 


La situation est telle, note Al Ahdath Al Maghrebia, que le Maroc a enregistré 145 morts en seulement dix jours, courant août. Le Royaume devient ainsi 61e mondial en nombre de décès et 58e en termes de contaminations. Pourquoi en est-on arrivé là? Le quotidien cite plusieurs facteurs sans qu'aucun d'entre eux ne soit présenté comme déterminant. D'abord, il fallait relancer la machine économique. Les entreprises ont été invitées à reprendre leur activité, le 24 juin, dans le respect d'un protocole d'hygiène et de sécurité sanitaire prédéfini. Sauf que de nombreuses unités de production ne l'ont pas respecté. Résultat, la multiplication des clusters, puis des foyers industriels et professionnels. Les cas de Lalla Maymouna, Laâyoune et Safi sont parlants.


En parallèle, un relâchement général a été constaté dans la population. Le port du masque est devenu optionnel et avec le temps, rare voire absent. La distanciation sociale n'est plus qu'un mythe. Pourtant, les autorités publiques avaient bien insisté, et n'ont cessé de le faire, sur les mesures barrières depuis les premiers jours de l'allègement du confinement.


Avec l'approche de l’Aid al-Adha, la situation est devenue intenable. Le nombre de cas ne cessant d'augmenter, les autorités publiques ont décidé de boucler huit villes, le 26 juillet. Décision largement commentée en raison de la réaction qu'elle a provoquée chez les citoyens. Ces derniers se sont empressés de quitter les villes visées dans un mouvement surnommé «la grande évasion», rappelle le quotidien.   


Le résultat ne s'est pas fait attendre. Moins de deux semaines plus tard, le nombre de cas a atteint des proportions jusque-là inimaginables. En 24 heures, le Maroc a enregistré 1.499 cas. C'était le 12 août. Un choc. Des sources citées par le quotidien estiment que le ministère de la Santé a fait une erreur en croyant maîtriser la situation. C'est ainsi, poursuit le quotidien, que le ministère a «déconfiné» les hôpitaux et accordé leurs congés aux membres du personnel médical. Le ministère s'est vite ravisé, annulant les décisions de congé des médecins et personnel soignant et aménageant de nouveaux hôpitaux de campagne. Mais il est clair, note le quotidien, que le système médical est sur le point d'être dépassé.


C'est pour cela que le ministère a décidé de recourir à l'isolement médical à domicile pour les cas asymptomatiques, sous certaines conditions, afin de décongestionner les hôpitaux. En parallèle, le ministère a décidé de déployer des centres de santé de référence dans les différents quartiers en vue d'accueillir les cas suspects de la Covid-19 qui leur seront transférés par les médecins du secteur privé. Le déploiement de ces centres, explique le quotidien, vise notamment à augmenter le nombre d’espaces de dépistage pour une prise en charge rapide des patients. En même temps, les autorités locales ont entrepris de boucler les quartiers représentant un risque élevé de contamination dans plusieurs villes.


Malgré cela, en annonçant la création de ces centres, le ministre de la Santé n’a pas manqué de préciser que la hausse du nombre de cas était attendue après la levée du confinement sanitaire et l'augmentation du nombre de tests de dépistage. Cependant, relève le même responsable cité par Al Ahdath Al Maghrebia, la situation épidémiologique actuelle suscite une sorte de «peur légitime». Elle soulève de nombreux questionnements sur les raisons ayant conduit à cette augmentation de cas traités dans les services de réanimation.