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Exode massif de professionnels du théâtre vers les Emirats

Par Mohamed Younsi le 10/09/2018 à 20h31

Kiosque360. L’inquiétante fuite des cerveaux marocains à l’étranger se poursuit, n’épargnant pratiquement aucun secteur d’activité. Aux dernières nouvelles, plusieurs professionnels d’art dramatique, fraîchement formés dans le royaume, s’apprêtent à partir.

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L’hémorragie de la fuite des cerveaux marocains à l’étranger continue silencieusement de faire des ravages et de vider le pays de ses compétences, et ce dans tous les domaines. Pratiquement aucun secteur d’activité n’est épargné par ce fléau. Ainsi, après les ingénieurs, les universitaires et les techniciens spécialisés, c’est au tour des professionnels de l’art dramatique de rejoindre le peloton des partants.

Selon le quotidien Akhbar Al Yaoum, qui se penche sur ce dossier dans son édition de ce mardi 11 septembre, pas moins de cinquante jeunes lauréats de l’Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle de Rabat s’apprêtent à «immigrer» aux Emirats arabes unis.

 

A ce propos, les sources du quotidien précisent qu’un concours a été organisé le 23 juillet dernier dans les locaux de l’Institut en question, sous la supervision de son directeur, pour sélectionner les cinquante lauréats parmi pas moins de 64 candidats qui s’étaient présentés aux épreuves écrites. Ce qui interpelle dans cette opération, s’interrogent les sources du quotidien, c'est que le ministère de la Culture et de la communication, qui est la tutelle de l’Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle de Rabat, reste muré dans le mutisme quant à la manière «dramatique» dont ce concours a été organisé et la façon dont les candidats retenus ont été informés et traités.

 

En effet, ces futurs immigrés ont été informés par courrier électronique, sans aucune précision à propos des conditions de travail, de contrat et autres procédures administratives. Ces jeunes compétences ont été ainsi traitées comme une main-d’œuvre non qualifiée. Ce qui a révolté le réalisateur et professeur Abdelmajid El Houass, qui n’a pas caché sa colère au sujet de cette affaire qui porte atteinte à l’image du Maroc et nuit à son paysage culturel et artistique. «C’est une manœuvre qui vise le paysage artistique marocain», a-t-il regretté, appelant le ministère de tutelle à agir.