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France: Aid al Adha ou quand le coeur n'est pas à la fête

Par notre correspondant à Paris Yassine Moatassim le 10/09/2016 à 15h28

Cette année, la fête de l'Aid sera célébrée par les musulmans de France dans une atmosphère particulière. Il s'agit d'une année où le terrorisme aveugle, se revendiquant de l'islamisme radical, a frappé au cœur de la société française faisant des centaines de victimes.

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Il s'agit d'une année aussi où la réflexion sur la place de l'Islam en France a été largement relancée. Le débat estival sur le port du Burkini avait cristallisé les tensions sociales et politiques.

 

Selon les chiffres donnés récemment par le tout nouveau président de la Fondation de l'islam de France, Jean Pierre Chevènement, ils sont presque 4.1 millions de musulmans en France. Certains d'entre eux, le chiffre reste pour le moment inconnu, célèbrent chaque année la fête de l'Aid.

 

La fête de l'Aid, ou "la fête du mouton" comme on l'appelle familièrement, a depuis longtemps été au centre des attentions.

 

L'abattage rituel a été codifié avec la volonté manifeste de dépasser cette image classique du "mouton dans la baignoire"  avec toutes ses conséquences sociales et hygiénique.
 

Le prix du mouton en France varie entre 250 et 300 euros pièce. Sous la pression des autorités, le sacrifice rituel à domicile a été  interdit depuis presque 15 ans suite avec la grande menace de la fièvre aphteuse.

 

Le contrevenant est passible d'une amende de 700 euros. Pour ceux qui veulent acquérir un mouton pour L'Aid, trois filières s'offrent à eux. Les boucheries dites islamiques de quartier où il est possible de commander à l'avance un mouton déjà prêt.

 

Celles des abattoirs régionaux encadrés par un management musulman et celles des fermes improvisées pour l'occasion dans lesquelles il est possible d'assurer le sacrifice du mouton.

 

Cette situation, très contrôlée par les autorités sanitaires et policières, n'empêche pas certains musulmans de France de procéder à un abattage rituel clandestin.

 

Selon des sources des milieux associatifs musulmans français, ce phénomène devient de plus en fréquent et révèle cette volonté de braver un interdit pour mieux vivre sa foi et sa pratique religieuse. Le contexte socialement effervescent actuel pourrait aiguiser le débat sur les conditions de ce sacrifice rituel.