Huelva: 3.000 travailleuses saisonnières marocaines se transforment en "herragas"

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Revue de presseKiosque360. L’affaire des saisonnières marocaines travaillant dans la région de Huelva connaît de nouveaux rebondissements. Alors que l’enquête ouverte au sujet des agressions dont elles auraient fait l'objet n’a pas livré ses secrets, des informations font état de la fuite de 3.000 Marocaines.

Le 20/07/2018 à 18h29

Environ 3.000 des 18.000 saisonnières marocaines travaillant, dans la région espagnole de Huelva, à la cueillette des fruits rouges, ont disparu dans la nature après la fin de leur contrat de travail et l’expiration de leur visa d’entrée dans la péninsule ibérique. Elles n’ont plus l’intention de regagner le royaume, affirme le quotidien Akhbar Al Yaoum dans son édition du week-end des 21 et 22 juillet.

Les sources du quotidien affirment que 1.375 travailleuses saisonnières marocaines ont été recensées par les autorités compétentes espagnoles et déjà déclarées en situation irrégulière en Espagne, après avoir quitté leur lieu de travail sans engagement de retour au Maroc. Citant des sources médiatiques espagnoles, le quotidien ajoute que 485 autres ressortissantes marocaines font l’objet d’enquêtes pour avoir également quitté leur lieu de travail.

Les responsables espagnols estiment à 3.000 le nombre des saisonnières marocaines ayant l’intention de ne plus regagner le Maroc, soit 25% de l’effectif total de la main-d’œuvre marocaine dans la région espagnole de Huelva. Ce qui met dans l’embarras l’Agence nationale de l’emploi et de la promotion des compétences (ANAPEC) et le ministère de l’Emploi et de l’insertion sociale, note le quotidien. Cette affaire pourrait faire perdre au Maroc pas moins de 17.000 emplois saisonniers l’année prochaine.

Les sources du quotidien précisent que plusieurs travailleuses saisonnières marocaines ont rejoint des membres de leurs familles dans le sud de l’Espagne, tandis que plusieurs autres auraient décidé de rester sur le sol espagnol même en situation irrégulière. Les mêmes sources du quotidien imputent la responsabilité de la gestion de ce dossier à l’ANAPEC et au ministère de l’Emploi et de l’insertion sociale, qui avaient supervisé l’opération de sélection de ces travailleuses saisonnières.

Rappelons que ces saisonnières marocaines, qui oeuvrent dans le sud de l’Espagne, avaient beaucoup fait parler d’elles bien avant l’éclatement de cette affaire de non-retour au pays. Plusieurs d’entre elles, en effet, auraient été victimes d’exploitation abusive, de violences racistes, de maltraitance, de viol et d’agressions sexuelles, selon des rapports médiatiques espagnols et allemands. Les enquêtes ouvertes à ce propos n’ont pas encore livré tous leurs secrets. Mais cette affaire de fuite collective risque de brouiller les pistes des enquêteurs.

Par Mohamed Younsi
Le 20/07/2018 à 18h29