Investissements: 150 sociétés israéliennes ont manifesté leur intérêt pour le cannabis marocain

DR

Revue de presseKiosque360. Alors que les députés ont à peine entamé l’examen détaillé du projet de loi relatif à la légalisation du cannabis, plusieurs acteurs économiques spécialisés dans le domaine s’intéressent déjà au Maroc.

Le 05/05/2021 à 19h32

Voilà un secteur où les deux pays, le Maroc et Israël, pourraient bien pousser à fond leur coopération. Le cannabis marocain, notamment le projet de loi portant légalisation pour des usages licites, attire, en effet, l’attention de nombreux investisseurs de l’Etat hébreu. A en croire le quotidien Assabah qui rapporte l’information dans son édition du jeudi 6 mai, ce sont pas moins de 150 entreprises israéliennes qui ont déjà manifesté leur intérêt pour investir dans ce domaine.

Ces entreprises sont d’horizons divers puisqu'elles sont spécialisées dans l’industrie pharmaceutique, la cosmétique et autres. Citant le parlementaire du PAM, Larbi El Mharchi, qui intervenait lors d’une rencontre organisée par son parti à la deuxième Chambre, le quotidien affirme que la dépénalisation de la culture du cannabis destiné aux usages médicaux, pharmaceutiques et industriels devrait avoir d’importantes retombées économiques, notamment sur les régions connues pour cette culture. Elle devrait également améliorer les conditions sociales de milliers de familles.

Notons, à ce propos, qu’une étude réalisée par le ministère de l’Intérieur a montré que le revenu net annuel du cannabis à usage médical pourrait avoisiner les 110.000 dirhams par hectare, soit une amélioration d'environ 40% par rapport aux recettes actuelles, le tout dans le cadre de pratiques respectant les normes de l'agriculture durable. La même étude prévoit qu’à l’horizon 2028, le taux de croissance annuel du marché médical du cannabis à l’échelle mondial serait de 30%. Le taux de croissance annuel du marché médical européen devrait atteindre 60%. Le marché médical européen représentera environ 60% du marché médical mondial.

Pour en revenir au PAM, le parlementaire a précisé, lors de cette même rencontre organisée lundi dernier, que son parti n’avait cessé de défendre, depuis 2009, l’option de la dépénalisation de cette culture pour les usages médicaux et industriels. Ce qui lui a valu des railleries et beaucoup d’ennemis politiques. El Mharchi a d’ailleurs souligné que son parti tenait absolument à faire aboutir sa proposition de loi relative à l’amnistie générale au profit de près de 55.000 personnes condamnées ou recherchées par la justice pour culture de cannabis.

Le PAM, en prenant l’initiative de défendre la légalisation de la culture du cannabis, n'avait aucunement l’intention de viser un quelconque parti rival ni d’en dégager des bénéfices électoraux, assure de son côté le secrétaire général du parti. Aujourd’hui, avec le début de l’examen, au Parlement, de ce projet de loi, la tournure que ce sujet a pris ne peut être que bénéfique pour tout le monde, ajoute-t-il. Et ce, souligne le quotidien, bien que le PJD s’y soit farouchement opposé et a tenté par tous les moyens de saboter l’examen et l’adoption de ce texte.

Par Amyne Asmlal
Le 05/05/2021 à 19h32