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La bienfaitrice de Ben Ahmed victime d’une escroquerie au nom du roi

Par Hassan Benadad le 15/03/2019 à 22h44

Kiosque360. Les trois individus qui ont arnaqué la bienfaitrice de Sidi Hajjaj passent, depuis jeudi, devant le tribunal de première instance de Ben Ahmed. Le principal accusé s’est fait passer pour un directeur du protocole royal pour essayer de lui extorquer une grosse somme d’argent.

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Le procès de trois individus accusés d’escroquerie, à l’encontre de la généreuse femme qui a fait don de 12 millions de dirhams pour la construction d’une école, a débuté jeudi dernier au tribunal de premier instance de Ben Ahmed. Il s’agit d’un fonctionnaire de la préfecture de Salé et d’un policier, suspendu, qui se faisait passer pour le directeur du cabinet du «protocole et de la chancellerie» au palais royal de Rabat.

 

Selon l’enquête menée par la gendarmerie de Settat sous la supervision du parquet, c’est le fonctionnaire en fuite qui a contacté le policier pour planifier cette arnaque. Ce dernier exerçait, avant sa suspension, au sein du service des voyages officiels de la sûreté nationale dont les éléments sont chargés de la protection des voitures de hautes personnalités. Les deux individus ont élaboré un plan pour profiter de la générosité de la bienfaitrice et essayer de lui extorquer de l’argent. Le jeudi 28 février, le policier a téléphoné à la victime alors qu’il se trouvait à Fnideq et s’est présenté comme étant le directeur du cabinet du «protocole royal et de la chancellerie». Il lui a fait savoir que le roi Mohammed VI a décidé de la recevoir quand il a su qu’elle avait fait don de 12 millions de dirhams pour la construction d’une école.

 

Le quotidien Assabah rapporte, dans son édition du samedi 16 mars, que le faux directeur du cabinet lui a demandé de fixer un rendez-vous pour cette rencontre. Une demande qui a mis la puce à l’oreille de la dame qui lui a fait savoir que c’est le cabinet royal qui fixe les rendez-vous et non pas le contraire. Surpris, l’escroc a essayé de se ressaisir en lui déclarant qu’il allait se renseigner et qu’il la rappellerait dès qu’il aurait une réponse.

 

Quelque temps après, il l'a recontactée pour lui annoncer que le roi allait la recevoir une semaine plus tard et qu’elle serait avisée 48 heures avant le rendez-vous. Le larron passe alors à la deuxième phase de son plan en profitant de cet appel  téléphonique pour rendre hommage à son œuvre en faveur des élèves du monde rural. Dans la foulée, il lui annonce que sa femme vient d’accoucher et qu’il aimerait que ce soit elle qui lui donne un prénom. Elle l’informe alors qu’elle couvrira les frais du baptême (akika) de son enfant. La bienfaitrice lui a envoyé un mandat de 30 000 dirhams au nom de celui qu’il a présenté comme étant son chauffeur. L’escroc va la rappeler pour la remercier, tout comme sa fausse épouse, qui s’est faite passer pour la femme du directeur du cabinet du «protocole royal et de la chancellerie ».

 

Le feuilleton n’est pas terminé puisque le principal accusé ne s'est pas contenté de la somme «modique» de 30 000 dirhams. Il avait préparé un plan B pour extorquer plus d’argent à la dame. Il l’a appelée et lui a fait savoir, en pleurant, que son fils souffrait d’un grave problème cardiaque et que l’opération nécessitait une grosse somme. La dame, très naïve par ailleurs, a compris finalement qu’elle avait à faire à un escroc et a fini par aviser les éléments de la gendarmerie qui ont mis en place un piège pour le faire venir à Ben Ahmed. Croyant qu’il allait encaisser les 500 000 dirhams promis par la bienfaitrice, il a loué une voiture de luxe et s’est dirigé en compagnie de ses complices vers Sidi Hajjaj, lieu de résidence de la victime. Il y a été cueilli, très habilement, par les éléments de la gendarmerie de Settat qui, après enquête, l'ont remis, avec ses complices, à la justice.