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La presse écrite appréhende l'avenir, incertain

Par Mohamed Deychillaoui le 07/04/2020 à 00h04 (mise à jour le 07/04/2020 à 00h05)

Kiosque360. Déjà en crise bien avant la pandémie actuelle de coronavirus, la presse écrite traverse aujourd'hui une passe difficile après l’arrêt de l’impression des journaux. Pour les professionnels de ce secteur, seule une fin rapide de la crise sanitaire peut sauver ce qui peut encore l’être.

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L’arrêt de l’impression et de la distribution des journaux-papier a placé la corde de la faillite autour du cou de plusieurs entreprises de presse, affirme le quotidien Assabah de ce mardi 7 avril.

 

Sans nier que ce secteur affichait déjà un taux de faillite très élevé avant la survenue de la pandémie mondiale de coronavirus, le quotidien explique que, si l'on en est là, c’est justement parce que l’autorité publique de tutelle ne s’est jamais penchée, avec tout le sérieux que cette situation requiert, sur les problèmes de la presse écrite.

 

La tutelle aurait ainsi laissé les problèmes s’accumuler durant toutes ces dernières années, avant que le Covid-19 ne vienne aggraver les maux de ce secteur. Des milliers de journalistes, techniciens et agents administratifs se retrouvent aujourd’hui menacés de perte d’emploi, car les entreprises de presse sont en train de «brandir le drapeau blanc» de la capitulation face à la faillite annoncée.

 

Même si les patrons de la presse écrite disent comprendre l’état d’urgence dans lequel se trouve le pays, à l’instar du monde entier, ils estiment justement que c’est en cette période cruciale que la presse a un rôle déterminant à jouer en vue d’informer le public sur cette situation de crise sanitaire sans précédent. C’est pourquoi ils se sont accordés avec les pouvoir publics à continuer à paraître (provisoirement?) sous format PDF, en basculant vers l’électronique.

 

Interrogé par Assabah, Younes Mjahed, président du Conseil national de la presse, estime que tous les secteurs économiques du pays sont actuellement touchés par la crise due à la pandémie du coronavirus mais, selon lui, le secteur de la presse -et particulièrement les journaux-papier- traverse aujourd’hui l’étape la plus difficile de son histoire. Une étape qui met en danger son existence même. Cela est dû à l’arrêt du marché publicitaire, surtout que plusieurs contrats publicitaires signés avec des entreprises de presse ont été purement et simplement annulés. A cela s’ajoute le «zéro vente» consécutif à l’arrêt de l’impression des journaux-papier.

 

Mjahed met en garde contre un arrêt de mort de cette presse au cas où la pandémie de coronavirus durerait encore quelques mois. Il préconise aux autorités publiques de suivre l’exemple de l’Espagne ou la Grande Bretagne, qui ont décidé de renflouer les caisses des entreprises de presse pour leur permettre de faire le dos rond durant la crise sanitaire actuelle.
Mais, pour Assabah, les professionnels de la presse et le gouvernement doivent tirer les leçons de cette situation inédite, et penser dès à présent un nouveau modèle de développement durable pour la presse dans son ensemble.