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Sifflet harcèlement
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Le sifflet, cette arme contre le harcèlement des femmes

Par Khalid Mesfioui le 13/11/2018 à 20h14

Kiosque360. Face à ce fléau des rues qu'est le harcèlement, les femmes marocaines ont décidé de prendre non pas la parole, mais le sifflet.

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“Psst psst”, “zine manchoufouch”, “lghzala”… Ces phrases, des générations de femmes les ont entendues. Et des générations d’hommes les ont fièrement scandées dans les rues marocaines. Si le phénomène peut paraître normal à certains hommes de ce pays, il fait toujours autant souffrir la gente féminine.

Marcher, se promener, faire ses courses, s’asseoir sur un banc public ou tout bonnement se déplacer vers son lieu de travail ou d’études devient un exercice parfois insurmontable pour la femme marocaine. 

 

Face à cette vulgaire habitude, un groupement de femmes a décidé de prendre le taureau par les cornes. Les femmes ne répondront pas à la vulgarité par la vulgarité, mais avec une arme plus stridente: un sifflet.

Le collectif #masakatch distribue ainsi, depuis vendredi dernier, des sifflets dans les grandes villes du pays. Les femmes de Casablanca, Marrakech ou encore Rabat ont notamment eu droit à leur accessoire de défense.

Samedi 10 novembre, le groupement a par ailleurs mené une manifestation pacifique au Bouregreg, à Rabat, avec spectacles de rue, rapporte le quotidien arabophone Al Ahdath Al Maghribia dans sa livraison du 14 novembre.  

 

Lors de cet événement, le journal casablancais a donné la parole aux participantes qui ont exprimé leur colère et leur besoin de voir la femme marocaine s’affirmer. “Le harcèlement est un crime envers les femmes marocaines. Elles ont le droit de sortir en toute liberté”, a déclaré une membre du collectif. Et d'ajouter que “le but de cette opération est d’informer le grand public de la nouvelle loi 103-13 relative à la lutte contre les violences faites aux femmes et au harcèlement sexuel”. Entrée en vigueur mi-septembre après plusieurs années de débats, cette loi incrimine, pour la première fois, des actes “considérés comme des formes de harcèlement, d’agression, d’exploitation sexuelle ou de mauvais traitement”.

 

Le quotidien français Le Monde se penche également sur le sujet en reprenant une étude publiée par l’organisation ONU Femmes Maghreb. A en croire cette dernière, 63% des femmes disent avoir subi le harcèlement, quand 53% des hommes reconnaissent avoir déjà harcelé sexuellement une femme ou une fille.