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Qui est Ali Amar ?

Par Abir Al Maghribi le 20/12/2013 à 15h42 (mise à jour le 29/05/2018 à 11h37)

La première fois que le nom d’Ali Amar apparaît dans un journal, ce n’est pas en tant que signataire d’un article, mais en tant que protagoniste d’un scandale financier qui a secoué le Maroc pendant les années 90.

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La première fois que le nom d’Ali Amar apparaît dans un journal, ce n’est pas en tant que signataire d’un article, mais en tant que protagoniste d’un scandale financier qui a secoué le Maroc pendant les années 90. En 1994, Ali Amar est un salarié de Wafabank, banque qui a disparu en 2003 après sa fusion avec la BCM. Ce qui  a donné naissance à Attijariwafa bank. A Wafabank, Ali Amar travaillait dans le département des relations extérieures. Une année seulement après son recrutement, un fax envoyé, le 10 juillet 1995, par la banque allemande Deutsh Bank au département étranger de Wafabank va déclencher une enquête de l’inspection générale de la banque marocaine. Le fax  de la banque allemande demande confirmation au sujet d’un fax envoyé par Wafabank et attestant, comme le prouve la copie du fax mentionné dans le PV de la déclaration de la banque citée dans le jugement de première instance, ce qui suit : « Nous soussignés Wafabank en notre qualité  de détenteur du compte de l’acheteur, nous attestons que nous avons pris connaissance de l’acte de la transaction et nous sommes disposés à transférer les montants requis au vendeur conformément à la procédure convenue dans ledit acte. Nous confirmons que l’acheteur (notre client Frutera Miguel) disposera sur son compte ouvert sur nos livres de la somme de $100.000.000, 00 USD (cent millions de dollars) du 13/07/1995 au 21/07/1995 lui permettant de faire face à la réalisation de la première opération de la transaction ». Les deux signataires de cette attestation de blocage pour la somme faramineuse de 100 millions de dollars sont Issam Bargache et Ali Amar.

 

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Ali Amar ne nie pas les faits. Dans l’instruction de son dossier, il reconnaît avoir falsifié l’attestation de blocage. Il avoue avoir reçu « une première avance d’un montant de 15 000 Dhs » du client Miguel Frutera en contrepartie de cette attestation de blocage. Le parquet conclut que les deux intéressés ont perçu d’autres sommes et au « «délit de corruption avéré ». Cette fausse attestation de blocage adressée à la banque allemande n’est pas un acte isolé. L’inspection générale de Wafabank découvre dans le bureau d’Ali Amar d’autres documents falsifiés, portant également sur le blocage de sommes considérables, comme un télex envoyé à la banque nationale de Paris, établie à Melbourne, et une attestation de blocage adressée à une banque turque.

 

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Le tribunal de première instance à Casablanca condamne le 20 septembre 1995 Ali Amar et son complice à un an de prison ferme et à une amende de 40 000 dhs à titre de dédommagement à Wafabank « pour corruption, abus de confiance, faux et usage de faux ». La cour d’appel de Casablanca confirme le 16 janvier 1996 le jugement du tribunal de première instance. Ali Amar ne reste toutefois pas longtemps en prison. Il bénéficie de la grâce royale et est libéré juste après le prononcé du premier arrêt de la Cour d’appel en 1996. Donc, l’homme qui tire à boulets rouges contre la monarchie doit sa libération à la grâce prononcée par Hassan II. Et à l’époque, il est difficile à Ali Amar de dire que ces attestations de blocage sont l’œuvre d’un complot orchestré par le Makhzen, étant donné qu’il n’avait pas encore commencé à faire du journalisme et qu’il était seulement un maître avéré dans l’art de doter des clients douteux de plusieurs dizaines de millions de dollars.

 

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En 1997, Ali Amar se refait une virginité en fondant l’hebdomadaire Le Journal avec Boubkr Jamai. Il fait valoir un master (difficilement vérifiable) en journalisme international de la City University de Londres pour justifier son passage de la banque dont il est banni à la vie dans le journalisme. Escroc une fois, escroc toujours ? Il faut bien le croire, car la moralité d’Ali Amar sera pointée du doigt encore et encore. D’abord en 2009, à l’occasion de la publication de son premier livre «Mohammed VI, le grand malentendu». Dans les remerciements de ce livre, Ali Amar est très reconnaissant envers le prince Moulay Hicham et sa femme « qui ont eu l’amitié de me faire partager, pendant toutes ces années, leur connaissance du sujet et leurs souvenirs avec passion ». Le prince voit rouge quand il voit une supposée amitié proclamée sur les toits et envoie une mise au point à l’hebdomadaire Tel Quel où il affirme : « j’ai cessé tout contact avec Ali Amar depuis deux ans, en raison de doutes sur son intégrité ». Ensuite, en 2010,  Ali Amar est condamné à trois mois de prison avec sursis et à 3.628 euros de dommages et intérêts suite à une plainte pour vol de Sophie Goldring, son ancienne associée française. La plaignante l'accuse de lui avoir volé un ordinateur et un chèque de deux mille euros. Et enfin, Ali Amar est viré, au mois de mars de cette année, du site d’information Slate Afrique avec un communiqué tonitruant où la rédaction du site affirme l’avoir licencié pour plagiat.

 

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Faussaire, menteur, voleur, plagiaire, tel est l’auteur qui vient d’écrire un livre sur le roi. Le reste n'est que balivernes.