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Un Marocain tient son passeport devant son ordinateur affichant un visa Schengen dans la capitale Rabat, le 28 septembre 2021.

© Copyright : FADEL SENNA / AFP

Restriction des visas Schengen: des personnalités françaises montent au créneau et dénoncent une «mesure de rétorsion»

Par Hajar Kharroubi le 03/08/2022 à 13h45 (mise à jour le 03/08/2022 à 14h03)

La polémique née après la décision de la France de restreindre le nombre de visas Schengen émis par ses services consulaires est toujours d’actualité. Sur Twitter, des personnalités françaises n'ont de cesse de rappeler «le désarroi et le sentiment d’injustice» provoqués par ce qui est qualifié de «mesure de rétorsion».

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«Mercredi 27 juillet 2022, le consulat français au Maroc a refusé un visa-visite familiale à ma mère et ma grand-mère pour assister au mariage de mon frère à Paris. Ce refus gâche l'évènement d'une vie. Pourtant nous avions tout respecté», s’indigne une internaute sur Twitter.

 

Elle explique que les membres de sa famille ont inclus dans leur dossier les invitations de mariage fournies par la mairie du XIearrondissement de Paris, des attestations d'accueil, des polices d'assurances, des billets aller-retour non remboursables, sans compter trois prises en charge des frais de séjour...

 

Pourtant, s’indigne-t-elle, l'attribution de ces visas a été refusée à cause d'un manque supposé de moyens de subsistance.

 

Un témoignage qui met en colère plusieurs personnalités françaises, dont Cécile Duflot, ancienne ministre de l’Egalité des territoires et du Logement.

La réciprocité des visas vs l’hospitalité marocaine

 

L'ancienne ministre s'est adressée à l’ambassade de la France au Maroc, écrivant que «la machine administrative manque parfois de cœur ou de discernement, mais [qu’]il y a toujours des humains capables de résoudre des problèmes (et de laisser une maman et une grand-mère assister à un mariage…)».

 

Pour sa part, Yan Chantrel, sénateur représentant les Français établis hors de France, a expliqué avoir écrit à Emmanuel Macron à propos d'«un sujet qui se défausse».

 

Dans sa lettre datée du 13 mai 2022, ce sénateur représentant les Français établis hors de France explique que la baisse drastique du nombre de visas délivrés par la France «porte à s'interroger sur les raisonnements qui ont pu justifier de tels chiffres et une telle différence entre pays, tant ils paraissent arbitraires».

 

«En déplacement au Maroc et en Tunisie à la fin du mois de mars dernier, j'ai pu constater le désarroi et le sentiment d'injustice qu'avait provoqués cette décision de la France. Sur le terrain, les conséquences de cette mesure de rétorsion se font ressentir chez des populations qui n'y sont pour rien. Auprès des conseillères et conseillers des Français de l'étranger, qui sont très sollicités sur ce sujet sur place, j'ai pu observer le grand nombre de cas de personnes dont la demande de visa aurait été, auparavant, honorée sans aucune difficulté, et qui aujourd'hui, la voient bloquée ou ralentie alors même que leur dossier est complet et parfaitement valable», a-t-il décrit.

 

«J'attire tout particulièrement votre attention sur la situation des étudiantes et étudiants du Maroc, d'Algérie et de Tunisie pour [lesquels] cette baisse drastique du nombre de visas délivrés par la France est d'une grande perversité», a-t-il déploré.

 

«Je vous invite donc à revoir urgemment ces dispositions cyniques de représailles vis-à-vis des gouvernements marocain, algérien et tunisien, dont font les frais des populations locales désemparées. La politique de délivrance de visas de la France doit être juste, humaine et à la hauteur de son ambition en matière de rayonnement culturel et de droits humains», a-t-il conclu.

 

La France a pris, le 28 septembre 2021, la décision de réduire drastiquement le nombre de visas délivrés par la France aux ressortissants du Maroc, d'Algérie et de Tunisie. Entrée en vigueur en octobre 2021, cette baisse drastique du nombre de visas délivrés par la France s'élève à 50% pour l'Algérie et le Maroc, et à 30% pour la Tunisie.