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Sécheresse: vent de panique chez les éleveurs de la région Fès-Meknès

Par Hassan Benadad le 15/03/2020 à 21h51

Kiosque360. Les éleveurs et les producteurs de viande de la région Fès-Meknès demandent au gouvernement de décréter l’état de sécheresse dans le royaume. Ils reprochent à l’Exécutif son inertie face à l’augmentation des prix des aliments pour bétail.

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Tout comme les autres régions du royaume, la région de Fès-Meknès souffre de la sécheresse causée par le déficit pluviométrique et la hausse de la température. Une situation à l’origine d’une forte augmentation des prix des aliments pour bétail. Impuissants face à cette crise aiguë, les éleveurs et les agriculteurs ont été contraints de se débarrasser de leur cheptel, vendu à perte dans les souks hebdomadaires. Des sources proches de cette corporation indiquent que ce phénomène s’est propagé aux neuf provinces de la région de Fès-Meknès. La situation risque de s’aggraver si l’Etat n’intervient pas pour soutenir les agriculteurs et leur fournir le fourrage nécessaire à leur bétail. 

 

Les mêmes sources soulignent que les prix du cheptel ont connu une forte chute dans le souk hebdomadaire du village Ba M’hamed, à cause de la hausse de l’offre et de la baisse de la demande. A tel point que la plupart des éleveurs n’ont pu vendre leur bétail, la demande étant quasiment absente. C’est ce qui explique le vent de panique qui s’est emparé des agriculteurs et des éleveurs de cette région, voire à travers tout le Maroc, au fur et à mesure que la période de sécheresse s’étale dans le temps. Les agriculteurs ne décolèrent pas et reprochent au gouvernement son inertie et son indifférence face à cette situation critique, tout en lui demandant de décréter immédiatement l’état de sécheresse dans le royaume.

 

Le quotidien Al Massae rapporte, dans son édition du lundi 16 mars, que les éleveurs et les producteurs de viande, qui subissent des pertes considérables depuis des mois, réclament une aide immédiate de l’Etat pour éviter la catastrophe, vu la persistance de la sécheresse. L’inondation des souks de bétail vendu à perte prouve bien l’état d’inquiétude extrême des éleveurs qui appellent le gouvernement à intervenir d’urgence pour fournir le fourrage à des tarifs tenant compte de leur situation financière critique.

 

Le président de la coordination régionale des produits agricoles, Mohamed Boukriz, a souligné que le Maroc souffrait de sécheresses récurrentes depuis 2017, année marquée par une annonce officielle du gouvernement. L’Exécutif, ajoute-t-il, avait alors accordé aux agriculteurs une subvention de 5 à 6 kilogrammes d’aliments pour chaque bête. Et de souligner qu’il s’agit là d’une quantité insuffisante et inacceptable cette année, sachant que l’agriculteur va supporter le poids de deux années de sécheresse.